Vous avez pu lire précédemment sur ce blog les “exploits” du plus gros bust de tous les temps, Ryan Leaf. Comme vous pouvez vous en douter, Leaf n’est pas le seul quarterback à avoir déçu les attentes placées en lui dès sa première saison NFL. Je vous propose donc cette fois-ci de nous intéresser à un QB arrivant en très bonne place sur la liste des “Biggest Busts of All Time”, Tim Couch.
Comme la plupart des joueurs qui ont déçu au niveau professionnel, Couch arrive dans la grande ligue avec une solide réputation acquise durant ses années de Lycée et d’Université. A sa sortie de “University of Kentucky”, il est bardé de distinctions et de trophées, et il semble évident qu’une franchise le sélectionnera au premier tour. Mais à quelle place ? Les Browns, qui font cette année là leur retour en NFL après trois ans d’absence et une ébauche de déménagement de la franchise dans la ville voisine de Baltimore, bénéficient d’un premier choix de draft en tant qu’”expansion team”. Un 1st pick qu’il va donc falloir utiliser à bon escient… La franchise de l’Ohio hésite alors entre trois prospects : Tim Couch, Akili Smith (joueur qui s’avérera encore plus pathétique que Couch avec 5 TD’s et 13 interceptions pour un rating de 58.5 en quatre ans chez les Bengals), et un certain Donovan McNabb… Les Browns réfléchissent, pèsent le pour et le contre, et choisissent Tim Couch pour endosser le costume si important de “Franchise QB” sachant gagner des matchs de playoffs. Un choix peu judicieux…
Couch est lancé dans le grand bain dès son deuxième match, puisqu’après avoir remplacé Ty Detmer lors du premier match de la saison, il est désigné starter par le Head Coach de l’époque Chris Palmer. Malheureusement pour lui, l’équipe a été constituée bien maladroitement, et tous les secteurs de jeu laissent apparaître de grosses failles, surtout dans la ligne Offensive. Couch subira donc les mêmes difficultés que David Carr avec quelques années d’avance, à savoir évoluer derrière une O-line lamentable, incapable de stopper les défenseurs adverses, se faisant sacker 56 fois lors de sa saison Rookie. Le bilan de fin de saison est donc très faible, puisque les Browns finissent derniers de l’AFC central avec 3 victoires pour 13 défaites.
Une avalanche de sacks qui doivent d’ailleurs être en partie responsables des blessures à répétition subies par Couch – dont une à l’épaule – qui lui font rater plus de la moitié des matchs de sa deuxième saison. A son retour sur les terrains, il n’est toujours pas épargné puisqu’il subit 51 sacks durant la saison 2001, et 30 en 2002. Couch réussira tout de même quelques belles choses à Cleveland durant cette année, en terminant l’exercice avec 3000 yards, 18 TD’s et une fiche de 9-7 synonyme de qualification pour la post-season. Mais là encore, il est victime d’un manque de chance flagrant, puisque le QB se casse la jambe lors du dernier match de saison régulière qui se termine pourtant par une victoire cruciale contre les Falcons. Couch est donc contraint de regarder son concurrent Kelly Holcomb mener l’équipe contre les Steelers de Tommy Maddox, et subir une très courte défaite 36-33.
C’est alors le début d’une féroce bataille de quarterbacks à Cleveland, qui va très vite tourner au vinaigre pour Couch, puisqu’il est maintenant tout juste considéré comme un backup potable, le nouveau Head Coach Butch Davis lui préférant le journeyman Kelly Holcomb. Totalement marginalisé, il est finalement libéré par les Browns en 2004, et part à la recherche d’une nouvelle équipe. Les Packers lui donnent sa chance, mais Couch ne se donne pas à fond lors du training camp et livre des matchs nullissimes pendant la pre-season, hué par son propre public à chacune de ses piètres prestations ! Conclusion, il n’est logiquement pas conservé dans l’effectif. Il opte alors pour une opération sensée consolider son épaule meurtrie, puis tente un comeback en 2005. Il fait une multitude d’essais dans différentes équipes : Bears, Bengals, Titans, Dolphins, Steelers, Texans, Jaguars… où il ne se voit jamais proposé de contrat.
Désespéré, Couch tentera même d’envoyer un C.V aux 32 équipes avant le début de la saison 2007-2008 afin de savoir si l’une d’elles est intéressée par ses services. Les Jaguars lui tendent la main et l’invitent à leur camp d’entraînement, mais une fois encore ils ne le conservent pas, en dépit du manque évident de talent chez leurs QB’s en place. On saura par la suite que Couch a même usé de stéroïdes anabolisants et d’hormones de croissance afin d’être au point pour ce Workout… Une fin de carrière pathétique pour un ancien 1st Pick, et surtout pour un joueur capable de gros jeux, comme l’ont montré ses deux “Hail Maries” splendides, dont une donna leur première victoire aux “nouveaux Browns”. On se souviendra également que 5 de ses victoires de 2002 ont été des 4th quarter comebacks, dont une victoire contre les Titans en overtime 31-28 et un Couch magistral : 326 yards, 3 TD’s… Difficile de comprendre pourquoi il n’a pas su s’imposer malgré ses blessures, car il semblait avoir le mental pour faire une belle carrière. Couch reste donc une énigme… Il finira sa carrière avec 64 TD’s pour 67 interceptions, 11 131 yards, un pourcentage de passes complétées de 59.8, et un rating de 75.1.
Couch s’est maintenant fait une place d’analyste à la télévision pour les matchs de son ancienne université, mais il ne déteste pas donner son avis sur la NFL, ni sur les Browns. Dernière saillie médiatique en date, Couch défend les QB’s actuels de Cleveland et assure qu’ils peuvent réussir en NFL, chargeant la O-line et arguant qu’on ne peut pas réussir en sa faisant sacker autant de fois. “I believe that Brady Quinn and Derek Anderson can succeed in the NFL. Always believe in yourself and your ability !” Il ne manquait certainement plus que cela pour les enterrer, même si ces phrases sonnent plus comme une manière de se dédouaner. Quoi qu’il en soit, une chose est sûre, il doit certainement toujours en vouloir à sa ligne offensive de l’époque : ”You think you’re going to be a great player, but once you start getting hit like that, you get a little gun-shy. It happens to everyone.” On aurait difficilement pu lui trouver une meilleure excuse…































































