Il est des joueurs qu’une franchise ne peut pas se permettre de laisser partir. Cela peut être un Franchise QB, tellement clutch qu’il en devient indispensable, un Running Back, ou un receveur inarrêtable, ou encore un défenseur si influent qu’il peut vous changer l’issue d’un match. N’importe quel GM sera donc prêt à casser sa tirelire pour garder en son sein LE joueur charismatique et expérimenté de son équipe, et chaque grand nom est donc associé à une grande équipe. Cependant, les joueurs prennent de l’âge, deviennent un peu plus sujets aux blessures, ou peuvent devenir vraiment trop gourmands en terme de ratio salaire/rendement, et il arrive que certaines stars changent d’équipes après avoir brillé des années dans une franchise, généralement sans grand éclat. Un dernier contrat pour certains, une dernière aventure pour d’autres… Voici le Top Ten des joueurs ayant fini leur carrière ailleurs…
10. David “Deacon” Jones – Defensive End
Rams 61-71/Chargers 72-73/Redskins 74 – Hall Of Famer

A croire que ce bon vieux “Deacon” va figurer dans tous les classements ! Deacon Jones est comme chacun sait l’inventeur d’un geste, mais surtout d’un terme, le sack. Une technique qu’il met au point et qu’il parfait pendant 11 ans chez les Los Angeles Rams, révolutionnant le jeu et l’approche du poste de Defensive End. Jones était avant tout sur un terrain pour s’amuser, c’est certainement la raison pour laquelle il signe en 1972 chez les très limités Chargers, franchise dans laquelle il joue deux saisons. Il effectuera un dernier baroud d’honneur chez les Redskins, jouant même un dernier match de playoffs perdu contre… les Rams…
9. Franco Harris – Running Back
Steelers 72-83/Seahawks 84 – Hall Of Famer

Franco Harris, c’est avant tout deux choses : ‘”The Immaculate Reception”, et les Pittsburgh Steelers. L’imaginer porter un autre maillot est tout simplement inconcevable, avec celui des Seahawks sur les épaules sans doute encore plus. Pourtant, Harris effectuera la dernière saison de sa carrière dans la “Rainy City”. Ses chiffres n’auront bien entendu rien à voir avec ceux de son glorieux passé, mais ils restent après tout corrects pour un Fullback, d’autant plus qu’il ne dispute que 8 matchs avec Seattle. Il aura aussi eu le mérite d’attirer encore un peu plus de monde au stade, ce qui était certainement l’effet escompté…
8. Emmitt Smith – Running Back
Cowboys 90-02/Cardinals 03-04 – Présélectionné pour le Hall Of Fame

Emmitt Smith représente pratiquement à lui seul les Cowboys des années 90. Il restera perçu comme un Running Back agile et doté d’une excellente vision, à défaut d’avoir une vitesse ou une puissance extraordinaire. Un coureur “intelligent”, qui se contentait de suivre ses blockers et de pilonner la défense adverse jeu après jeu. Il remportera trois titres avec Dallas au cours d’une carrière considérée comme très longue pour un Running Back. Une carrière qu’il finira chez les cancres d’Arizona, les Cardinals, en marquant 11 TD’s en 20 rencontres, mais en ne participant plus aux playoffs.
7. Bruce Smith – Defensive End
Bills 85-99/Redskins 00-03 – Hall Of Famer

Si vous regardez une vidéo des Highlights de Bruce Smith, vous constaterez qu’il porte toujours le maillot des Bills. A croire que tout le monde a oublié ses quatre dernières saisons jouées sous le maillot des Redskins. Quatre saisons pour 29 sacks en tout et huit Forced Fumbles. Une moyenne presque décevante pour un joueur de cette valeur, qui était malgré tout assez âgé. Ces sacks supplémentaires lui permettent néanmoins d’arriver à un total de 200 en carrière, et de se positionner en tête de cette catégorie statistique très prisée. A noter qu’il attendra d’être coupé par les Skins’, n’arrivant pas à se résoudre à arrêter sa carrière à 40 ans passés.
6. O.J Simpson – Running Back
Bills 69-77/49ers 78-79 – Hall Of Famer

Connu pour des tas d’autres choses que pour le Football, Simpson a néanmoins commencé sa carrière publique chez les Bills. O.J “Juice” Simpson, icône “Black” des années 70, sorte de “Shaft” des terrains, restera pour tout le monde le premier joueur à avoir parcouru plus de 2000 yards en une saison (2003 yards en 1973). Un exploit accompli sous la bannière des Bills, franchise dans laquelle il évoluera pendant 9 ans, puis qu’il quittera pour un autre prestigieux maillot, celui des Niners. Un passage dans une équipe de San Francisco malheureusement à la dérive, qui ressemble plus à une pré-retraite dorée qu’à un exercice de force… Il n’y goûtera à la victoire que quatre fois en deux ans…
5. Brett Favre – Quarterback
Falcons 91/Packers 92-07/Jets 08/Vikings 09-aujourd’hui - Futur Hall Of Famer

Brett Favre a commencé sa carrière aux Falcons, mais c’est anecdotique. L’équipe qui l’a fait connaître, et à laquelle il sera liée à jamais, c’est bien les Green Bay Packers, avec lesquels il remporte le SB XXXI. Après avoir mis un terme à sa carrière et avoir déclaré à la presse qu’il ne se voyait jamais jouer ailleurs qu’au Lambeau Field, Favre change d’avis et signe aux Jets l’année dernière. Une saison moyenne et des interceptions à la pelle en raison d’une blessure vont coûter les playoffs à son équipe. Sa réputation en souffre, et il décide donc de prendre sa retraite “définitive” une deuxième fois… Mais l’appel du terrain est décidément trop fort, et il fait un second retour au jeu début 2009 chez les Vikings, ses anciens rivaux ancestraux de la NFC North ! Un retour très réussi pour le moment, bien qu’il faille encore attendre pour savoir si l’histoire sera belle… Espérons le pour lui.
4. Jerry Rice – Wide Receiver
49ers 85-00/Raiders 01-04/Seahawks 04 - Présélectionné pour le Hall Of Fame

Jerry Rice est certainement le meilleur receveur de tous les temps, et c’est à San Francisco qu’il a gagné ce titre personnel, et accessoirement 3 Super Bowl. C’est sûrement la raison pour laquelle les Seahawks ont fait le pari de l’engager alors qu’il était déjà âgé de 39 ans. Loin de baisser le pied, Rice semble toujours au top lors de sa première saison à Oakland, pendant laquelle il catche 83 passes pour 1139 yards et 9TD’s. Les Raiders auraient même du faire une belle campagne de playoffs, s’ils n’avaient pas été scandaleusement éliminés par les Patriots à cause de la fameuse “Tuck Rule”. 2002 est du même tonneau, avec des stats encore meilleures (92 réceptions, 1211 yards et 7 TD’s) et un SB de plus disputé, malheureusement perdu 48-21 contre les Buccaneers. Il y marquera tout de même un touchdown, qui fait de lui le seul joueur à avoir réussi une réception dans 4 SB différents. Les saisons d’après seront elles anecdotiques. On retiendra simplement que pendant son passage au Seahawks, Steve Largent a autorisé Rice à porter son numéro retiré, le 80. C’est dire le respect qu’il impose…
3. Joe Namath – Quarterback
Jets 65-76/Rams 77 - Hall Of Famer

“Broadway Joe” a tout connu aux Jets de New York en particulier une victoire légendaire lors SB III (16-7 contre les Colts) à tel point qu’une grande partie des fans a oublié qu’il a porté le jersey des Rams durant une saison. Lorsqu’il arrive aux Rams, ses genoux ont déjà beaucoup souffert et la motivation n’est plus vraiment là, même si officiellement il arrive à Los Angeles pour relancer sa carrière. Sa saison s’arrêtera au quatrième match, après une prestation lamentable contre les Bears : 16/40, 203 yards, 0 TD et 4 INT et une défaite d’un point à la clé… Des stats indignes pour “Willie Joe” qui décidera de raccrocher après la rencontre… Dommage qu’une telle légende finisse sur un match manqué à ce point.
2. Johnny Unitas – Quarterback
Steelers 55/Colts 56-72/Chargers 73 – Hall Of Famer

Les Steelers n’ont pas voulu de Johnny U, préférant le virer comme un malpropre après l’avoir pourtant drafté ! Qu’importe, c’est aux Colts qu’il laissera une trace indélébile et qu’il entrera dans la légende. “The Golden Arm” sévira à Baltimore pendant 16 ans et y écrira certaines des plus belles pages de la NFL, comme “The Greatest Game ever played” contre les Giants en 1958, ou une victoire au Super Bowl V contre les Cowboys. Après une très belle carrière, Unitas vieillissant tentera de se faire une place dans le Roster des Chargers où il sera bien vite supplanté par le jeune et très talentueux Dan Fouts. Il ne jouera que 5 matchs et rendra une fiche d’équipe bien peu reluisante de 2-11-1.
1. Joe Montana – Quarterback
49ers 79-92/Chiefs 93-94 – Hall Of Famer

Comment associer “Joe Cool” à une autre franchise que celle des 49ers ? Est-ce vraiment possible ? Pourtant, après une carrière étincelante à San Francisco couronnée par 4 titres et une multitude de distinctions (Offensive Player of The Year, MVP de la ligue, 3 fois MVP du SB), Montana se lancera un dernier défi personnel aux Kansas City Chiefs. Il y arrive après avoir retrouvé toutes ses qualités de passeur, tout juste remis d’une grosse blessure au coude qui l’a tenu éloigné des terrains pendant presque deux saisons. Malgré sa réputation, le doute subsiste sur sa capacité à effectuer une saison aussi aboutie qu’auparavant. Il jouera pourtant deux saisons complètes et très réussies avec les Chiefs, se qualifiant à chaque fois pour les playoffs. Les Chiefs atteindront même la finale de conférence en 1993, et “The Comeback Kid” sera l’un des seuls joueurs de ce classement à avoir une fin de carrière relativement satisfaisante et en rapport avec son statut.
Honorables mentions :
Earl Campbell – Running Back
Oilers 78-84 /Saints 84-85 – Hall Of Famer

Earl Campbell aura connu ses plus belles heures dans le Texas, aux Oilers de Houston. Ses exceptionnelles qualités de vitesse alliées à sa puissance physique lui ont valu nombre de distinctions personnelles, dont celle d’Offensive Rookie of The Year, et l’ont mené à plusieurs titres de MVP, dont un dès sa première saison. Cet ancien First Overall de la draft 1978 compilera yards et TD’s pendant plus de cinq ans, puis commencera à baisser le pied et finira sa carrière aux Saints, dans un rôle allégé. Earl Campbell prendra sa retraite peut-être un peu trop tard, admettant avoir pris beaucoup trop de coups… Il a d’ailleurs aujourd’hui beaucoup de mal à se déplacer en raisons de ses mauvais genoux, de terribles maux de dos et d’arthrite chronique.
Cris Carter – Wide Receiver
Eagles 87-89/Vikings 90-01/Dolphins 02 – Finaliste à l’élection du Hall Of Fame en 2008, pressenti pour 2011

Carter commence sa carrière à Philadelphie, franchise qui ne compte visiblement pas sur lui. Son temps de jeu est limité, et il migre dans le Minnesota, équipe dans laquelle il va prendre une toute autre dimension. Sa carrière décolle enfin, et elle prend encore plus d’ampleur quand les Vikes font venir le vétéran Waren Moon pour diriger l’attaque. Carter réussit deux saisons énormes, avec 122 réceptions (un record pendant longtemps), et ce deux années consécutives. Il enchaînera alors les grosses saisons, devenant l’un des piliers de l’attaque violette avec le QB Daunte Culpepper et l’autre star WR Randy Moss. Victime d’une petite méforme avec l’âge, l’aventure Vikings se termine et Carter retrouve un job à Miami en 2002. Il y jouera seulement 5 matchs pour 8 petites réceptions et 1 TD…
Tony Dorsett – Running Back
Cowboys 77-87/Broncos 88 – Hall Of Famer

Les Cowboys ont toujours basé leur stratégie offensive sur un jeu au sol solide emmené par des Backs besogneux. Tony Dorsett ne dépareille pas dans cette lignée puisqu’il tiendra le running game de Dallas pendant onze saisons, dont 8 au-delà des 1000 yards. Une belle fiche personnelle, mais des chiffres qui baissent un peu à l’approche de la trentaine avec un rôle moins important, et une place de titulaire perdue. Dorsett tentera de se relancer à Denver sous la houlette du très talentueux QB John Elway, où il effectuera une saison somme toute satisfaisante pour un vétéran (703 yards et 5 TD’s).
Thurman Thomas – Running Back
Bills 88-99/Dolphins 2000 – Hall Of Famer

12 ans et 4 Super Bowl disputés sous les couleurs d’une franchise, ça vous forge un homme ! Thomas aura réalisé cet exploit avec les Bills, livrant des prestations plus ou moins bonnes lors de ces Super Bowl. Joueur erratique, ses saisons sont à l’avenant, avec des performances énormes (MVP de la ligue en 1991), ou des prestations moins exceptionnelles (643 yards en 1997). Thurman Thomas était donc capable du meilleur comme du pire, ce qui n’empêche pas les Dolphins de le signer pour une dernière saison en 2000. Thomas aidera tout de même la franchise à se hisser en finale de division, perdue sévèrement 27-0 contre les Raiders.
Marcus Allen – Running Back
Raiders 82-92/Chiefs 93-97 – Hall Of Famer

Marcus Allen aura effectué sa plus belle campagne avec les Los Angeles Raiders dès sa deuxième saison pro. Il s’agit bien entendu de l’année 1983, qui le voit remporter le Super Bowl XVIII et être élu MVP de cette grande finale. Ce soir là, il parcourt 191 yards, dont une course de 74 yards pour le TD (ce qui fut un record jusqu’en 2006), réalise deux réceptions pour 18 yards et marque 2 TD’s. Les Raiders gagnent 38-9, et Allen a d’ores et déjà marqué la franchise de son empreinte. Il y restera jusqu’en 1992, avant de faire ses valises pour les Chiefs de Kansas City. Il y réalisera également de bonnes performances, jouant les playoffs quatre fois sur cinq, dont une finale de Conférence perdue 13-6 contre les Bills d’un Thurman Thomas étincelant.
Archie Manning – Quarterback
Saints 71-82/Oilers 82-83/Vikings 83-84 – Pas délection prévue au Hall Of Fame

Archie Manning était un très bon QB, qui jouait malheureusement dans une très mauvaise équipe. Très mal protégé, Manning se faisait sacker très fréquemment, et était même devenu le punching Ball privilégié d’un certain Jack Youngblood. “He wouldn’t have gotten in to the Hall Of Fame without me to sack !” plaisante-t-il. Il termine sa carrière aux Oilers et aux Vikings, jouant un très petit nombre de matchs dans deux équipes en reconstruction. Malgré tout, il fut et reste un Quarterback très respecté par ses anciens adversaires et par la nouvelle génération de joueurs.
Ronnie Lott – Cornerback/Safety
49ers 81-90/Raiders 91-92/Jets 93-94 – Hall Of Famer

Ronnie Lott n’est pas le seul défenseur de ce classement, mais il en est le seul Defensive Back. Ce joueur polyvalent a fait des merveilles au sein de la défense des Niners pendant 9 ans, équipe qui le propulsera parmi les tous meilleurs DB de la ligue et avec laquelle il remportera 4 Super Bowl. Il entrera donc dans l’histoire de la franchise, mais aussi dans celle de la NFL, avec des matchs épiques ou des anecdotes incroyables, comme celle concernant sa blessure au doigt. Lott changera ensuite d’air à plusieurs reprises, réalisant une bonne saison en 1991 avec les Raiders, pendant laquelle il réussit 8 interceptions (record de l’année) et participe à un match de Wild Card perdu contre les Chiefs. Son passage aux Jets reste cependant très confidentiel…
Hors classement :
Vince Lombardi – Head Coach
Packers 59-67/Redskins 69 – Hall Of Famer

Vince Lombardi à tout fait chez les Packers, et est à l’origine d’une grosse partie de la légende de cette franchise. Ce coach mythique y remporte 5 titres, dirige des matchs légendaires (le Ice Bowl de 1967 par exemple), aide à y révéler des talents tels que le QB Bart Starr, met sur pieds des stratégies toutes nouvelles, et surtout un autre mode de coaching quasi militaire. Il adorait pourtant ses joueurs et développait même des rapports filiaux avec certains d’entre eux, sans pour cela les épargner lors d’entraînements extrêmement éprouvants. Une sorte de gourou footballistique qui essayera de mettre ses préceptes à la disposition des Redskins, mais qui n’y rendra qu’une fiche de 7-5-2. Son cœur était certainement resté cette année là dans le froid du Lambeau Field, et il y demeurera quoi qu’il en soit à jamais.
Il doit encore exister une poignée de joueurs ayant réalisé de grosses performances, puis changé d’équipe, qui ne sont pas cités dans ce classement. Si l’un d’entre eux vous vient en tête, n’hésitez pas à le laisser dans les commentaires avec les équipes qu’il a fréquentées durant sa carrière. Ainsi, cet article sera plus complet…