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Vous souvenez-vous des matchs NFL diffusés à la télévision le 19 décembre 1999 ? La majorité d’entre vous doit certainement avoir oublié la plupart des événements qui se sont passés ce jour-là, où même n’avoir pas du tout suivi ces rencontres, et c’est somme toute bien normal. Heureusement pour nous, Gmen était devant son écran, confortablement installé devant Canal +, et il n’a pas oublié cette histoire absolument ahurissante – les mots sont pesés -, qui s’est déroulée lors d’un match opposant les Cleveland Browns au Jacksonville Jaguars. Un match pendant lequel le Right Tackle Orlando Brown, qui entame sa septième année pro, va être blessé… par un arbitre ! Une histoire qui n’aurait du être qu’une anecdote banale, et pour tout dire assez drôle, mais qui va virer au drame, et à l’imbroglio judiciaire…

A l’époque, l’intérêt du match est relativement limité, puisque les Browns, emmenés par le 1st Overall Tim Couch, peinent à créer une alchimie et affichent un bilan de 2-12, tandis que leurs rivaux de l’AFC Central, la très jeune franchise des Jaguars, affichent leurs ambitions avec une excellente saison et une fiche de 12-1. Le résultat est d’ailleurs sans surprise en faveur des Jaguars, 24-14, mais un fait de match pour le moins inattendu s’est produit durant la rencontre. En effet, en plein match et lors d’une action parfaitement anodine, un flag est sifflé contre le lineman Orlando Brown pour un False Start. Le Referee, Jeff Triplette, jette alors son mouchoir de pénalité au plus près du point de la faute, comme le précise le règlement, mais il l’envoie en direction du joueur, précisément dans son œil, le drapeau étant passé au travers de la grille du lineman. Précision importante, ce mouchoir est lesté de billes en aluminium, et c’est donc l’impact de ces billes qui va causer une blessure au Tackle…

Brown porte la main à son facemask. L’arbitre, qui se rend immédiatement compte de sa bourde, vient s’excuser auprès du joueur qui est examiné par le staff médical. Brown semble souffrir, il est conduit en dehors du terrain et s’apprête à rejoindre les vestiaires, soutenu par les médecins. Ce grand gaillard de 2 mètres pour 160 kilos se retrouve donc sur la sideline, l’œil tuméfié, sorti du match par un arbitre. Furieux après cet arbitre, celui que l’on surnomme “Zeus” rentre sur le terrain, lui montre son œil gonflé, et dans un état d’énervement évident le propulse au sol des deux mains d’un violent coup dans la poitrine. L’arbitre, sonné, mettra quelques instants à se relever. Ce geste le verra bien entendu exclu du terrain séance tenante, et indéfiniment pour la suite de la saison.

Pour l’instant, tout ceci ne relève que de l’anecdote, et c’est surtout la réaction du joueur qui est pointé du doigt. Brown est dans un premier temps sévèrement pris à partie, surtout par la presse, mais aussi le commissionnaire Paul Tagliabue, suite à son geste inadmissible sur Jeff Triplette. “La blessure est totalement involontaire et ne justifiait pas une telle réaction envers l’arbitre. C’était un accident, et nous ne pouvons pas tolérer, peu importe les circonstances, de tels contacts physiques envers nos officiels.” Les Browns ne semblent pas non plus se rendre compte de l’importance de la blessure et espèrent un retour rapide du joueur.

Pourtant, interrogé peu après un nouveau diagnostic des médecins, le Head Coach Chris Palmer dira : “Right now, it doen’t look good…If I was betting man, I don’t think he is going to be able to play“. La blessure est donc enfin reconnue comme sérieuse, et après 6 jours d’hôpital, tous les intervenants commencent à tempérer leur jugement. La suspension du joueur est dans un premier temps allégée à deux semaines sans salaire (pour une perte sèche de 49 000 dollars), et les Browns, après avoir dit que l’attitude de leur joueur était indigne, se mettent à le soutenir. Brown, qui a toujours assumé son geste, est même soutenu par certains de ses coéquipiers : “A ref throws something in my eye, I’m fighting him too”. Mais les jours passent, et l’affaire va prendre des proportions encore plus grandes…

On sait maintenant plus précisément de quoi souffre le joueur. Brown a subi un traumatisme au niveau de l’os orbital, entraînant un important saignement de l’œil, accompagné d’une pression sanguine trop forte pouvant laisser des séquelles permanentes. Il souffre toujours de problème oculaires, à savoir une vue brouillée et une tâche dans l’œil, mais aussi de migraines pendant les activités physiques intenses, si bien que les médecins sont assez clairs : Brown ne doit plus prendre le moindre choc ni sur l’œil, ni sur la tête, une telle blessure pouvant lui causer des dommages irréversibles et le rendre aveugle ! Brown se voit dans l’obligation d’arrêter sa carrière, après une blessure improbable administrée par un arbitre !!! Sa blessure le rend incapable de reprendre son poste, et entraîne un “cut” de la part des Browns en fin de saison. Pourtant, Brown y croit encore : “I look forward to regaining my vision and again participating in club related activities.

Mais l’affaire est loin de se tasser, puisque Brown contre-attaque en portant l’affaire devant les tribunaux. Il est même suivi dans son combat par des “soutiens” anti-NFL qui prétendent que l’arbitre a voulu sciemment le blesser. Cela devient du grand n’importe quoi… Surtout qu’un nouvel élément vient s’ajouter au dossier, puisque le père de Brown est devenu aveugle, et qu’il pourrait s’agir d’une maladie héréditaire, en l’occurrence un glaucome. Brown, éloigné des terrains pendant trois saisons complètes, réclame 200 Millions de Dollars pour les préjudices subis, alors que sa carrière était considérée comme prometteuse, et qu’il serait devenu, selon les dires de son avocat, l’un des linemen les mieux payés de la NFL. Après trois longues années de procédure, Brown se voit enfin attribuer la somme de 25 Millions de dollars de la part de la NFL, accordés en guise de dédommagement…

Mais bizarrement, après cet épisode judiciaire, Brown revient au jeu en 2003 et signe pour deux saisons avec les Ravens, au poste de Right Tackle, mais aussi de Defensive Tackle à l’occasion, refusant même une offre plus lucrative de la part des Vikings. Une décision surprenante lorsqu’on se rappelle l’avis des médecins… Certains penseront donc à mal, et associeront cette persévérance judiciaire à une entourloupe pour toucher le pactole. D’autres verront plutôt tout cela comme une belle histoire, et une jolie lutte pour revenir au plus haut niveau. La vérité est très certainement entre les deux… Son ami de toujours, le Left Tackle Jonathan Ogden, est lui confiant pour son pote et voit cela comme une preuve de grand courage : “Si c’était moi, je crois que je n’aurais pas pu revenir. Après 7 ans de carrière et avoir arrêté 3 ans, c’est impressionnant. C’est vraiment la preuve qu’il voulait rejouer“. Orlando Brown, philosophe, déclarera lui : “J’ai été humilié par ce mouchoir de pénalité, j’ai eu une seconde chance, et j’en ai tiré avantage. C’était une bénédiction d’avoir reçu ce flag…” Sincérité ou revanche implicite ? En tout cas, et pour la petite histoire, l’arbitre n’aura eu lui strictement aucune sanction…

Continuons notre tour d’horizon non-exhaustif des Field Goal manqués avec deux histoires “crève-cœur” pour les Kickers concernés. Il n’est pas question de nous lancer dans un cycle “Kicker”, mais une histoire en appelle souvent une autre… Voici donc des récits aussi connus que surprenants, rapportés une fois de plus par un Gmen décidément très inspiré par le sujet. Un article qui fait suite à la malheureuse anecdote sur John Carney, et qui nous montre à quel point le poste de Kicker peut être ingrat et cruel… Sauf que cette fois-ci, l’importance des Kicks en question est pour le moins capitale…

La première “anecdote” met en scène Gary Anderson, sûrement l’un des meilleurs Kickers de l’histoire. Ses aptitudes lui viennent d’un père professionnel de Football et d’une culture Rugby, lui qui est né en Afrique du Sud d’un père Irlandais. Après que sa famille ait émigré aux Etats-Unis en protestation à l’Apartheid, c’est sur les terrains NFL qu’Anderson va exercer son art, celui de shooter dans un ballon. Un talent certain qu’il mettra, à partir de 1982, successivement au service des Steelers, des Eagles, des 49ers, des Vikings et des Titans.

Anderson restera le premier Kicker NFL à avoir réalisé la “Perfect Season”, à savoir transformer la totalité des Field Goal et des PAT’s lors de tous les matchs de saison régulière. Un exploit réalisé avec les Vikings du Minnesota, qui possèdent en 1998 une équipe capable de dynamiter n’importe quelle défense grâce à son “Trio Magique”, à savoir le QB Randall Cunningham et les 2 WR Chris Carter et Randy Moss, bien aidé par le solide RB Robert Smith. Des joueurs capables de Drives monstrueux, qui se terminent très souvent par un Touchdown ou un Field Goal. C’est là que Gary Anderson entre en jeu, puisque cette année là, le Kicker réussit ses 35 tentatives de FG, ainsi que ses 59 Extra-Points pour un total de 164 points. C’est sans doute la première fois que l’on voit un Kicker enchaîner les Field Goal de la sorte, en toute simplicité. Rien ne peut faire dévier ses trajectoires, et Anderson réussit sur l’herbe comme sur le synthétique, sur les terrains découverts comme dans les dômes, et à n’importe quelle distance. Il sera par la suite égalé et même battu par le Colt Mike Vanderjagt, qui réalisera lui une “Perfect Season” incluant les Playoffs. Pourquoi Anderson, qui fait partie de la “NFL 1990’s All Decade Team”, n’a pas réussi pareille performance ? Tout simplement parce qu’il a manqué un Field Goal durant les Playoffs qui ont suivi sa “Perfect Season”. Un FG dont tous les supporters des Vikings se souviennent encore…

La scène se passe le 17 janvier 1999, en finale de conférence, après que les Vikings aient à peu près tout écrasé sur leur passage. Les Vikes affrontent les Falcons d’Atlanta dans un match attendu par tous, et qui est sensé voir les joueurs du Minnesota rallier le SB et affronter les Denver Broncos de John Elway. Les prédictions paraissent vouloir s’avérer puisque les Vikings mènent 27-20 à 2 minutes de la fin du match, et qu’Anderson s’apprête à tenter un Field Goal de 38 Yards très largement à sa portée (il en a par exemple réussi un à 53 yards au cours de la saison), et surtout synonyme de qualification quasi certaine. Tout le monde s’attend donc à ce que les Vikings disputent enfin un nouveau SB, 22 ans après leur défaite contre les Raiders (SB XI). Anderson semble serein, sur de son fait, et après la saison énorme qu’il vient de livrer, l’échec n’est absolument pas envisageable lorsqu’on le voit entrer sur le terrain. Il prépare son kick comme à son habitude, de façon presque routinière, s’élance… et manque. Le public, qui a associé un Field Goal d’Anderson à trois points systématiques, célèbre l’action. Pourtant, le coup de pied est bel et bien manqué “Wide Left”, et même si la balle frôle le montant gauche, le Kicker vient certainement de manquer le coup de pied le plus important de sa carrière ! Un échec que l’on peut aisément mettre sur le compte de la pression, mais qui donne subitement une seconde vie aux Falcons, et une chance inespérée d’égaliser…

Morten Andersen va lui saisir sa chance...

Une chance qu’Atlanta va savoir saisir après un beau drive et une passe de Chris Chandler pour Terance Mathis et le TD… Le match va donc jusqu’aux prolongations. En Overtime, Ce sera un autre grand nom du “Placekicking” qui sortira ce soir là les Vikings de la course au titre : un certain Morten Andersen, lui aussi membre de la “NFL 1990’s All Decade Team”, qui transformera une tentative de… 38 Yards ! Une distance qu’Anderson n’oubliera sans doute jamais…

Anderson, dépité, se confiera à la presse en ces termes : “Il n’y a pas de mots pour décrire l’état dans lequel je me sens. Pourtant tout s’est bien passé. Ma foulée était bonne et le coup de pied a pris la même trajectoire que d’habitude. Mais je n’ai pas vu le résultat, car j’ai été heurté et des mecs étaient sur moi après le kick.” Le coach Dennis Green, loin d’enfoncer son joueur, dira lui :”Gary did as he always did. He tried to help our team win.”

Après une saison régulière terminée sur 15 victoires pour seulement une défaite, la pilule est très dure à avaler pour les Vikes et tous leurs fans, persuadés alors d’avoir une grande chance de battre Denver lors du SB. Malheureusement, ils auront tous l’impression d’avoir été “trahis” par l’un de leurs joueurs les plus aimés, celui qui avait pris l’habitude de disputer tous ses matchs avec un “One-Bar Facemask” aux accents vintage, et qui n’aura au final réalisé qu’une “Almost Perfect Season”.

Mais il n’y a pas de moment pour craquer, et on peut aussi faire perdre le Super Bowl à son équipe sur un FG manqué… Scott Norwood, l’acteur principal de cette deuxième anecdote, en sait quelque chose… Norwood est pourtant considéré comme une précieuse valeur ajoutée au sein de l’attaque des Bills, lui qui sait très souvent concrétiser les drives avortés prématurément de Jim Kelly et Thurman Thomas. Des performances qui mènent les Bills à leur premier Super Bowl, le XXV contre les Giants, en fin de saison 1990. Le match se déroule le 27 janvier 1991 et va voir Norwood entrer dans la grande histoire du SB avec l’une des actions les plus célèbres, certainement parce que l’une des plus terribles… Un coup de pied connu sous les noms de “Wide Right”, ou de “47 Wide Right”.

Ce jour là, les Bills ont une chance de gagner le Super Bowl. Les Giants mènent 20-19, mais ils ont une chance de passer devant puisque Norwood se retrouve avec un FG “faisable” de 47 yards à huit secondes de la fin du match. Un choix “osé” du coach, qui a le mérite de prouver sa confiance en son Kicker, 45 Yards étant considérés comme la distance limite de Norwood, en particulier sur un terrain en pelouse. Norwood se concentre, et frappe… “Here we go, the Super Bowl will ride on the right foot of Norwood. Waiting for the snap, Reich arms extended, puts it down, on the way, it’s long enough and it is no good ! He missed it to the right with four seconds to play.”

Son coup de pied avait bien la longueur requise, pas de problème, mais c’est la direction qui lui a fait défaut. Le coup de pied est manqué, et c’est la bande de Bill Parcells qui remporte le Lombardi avec le plus faible écart de points jamais enregistré. Certains fans, ou observateurs, défendront Norwood, en rejetant la faute sur le Holder, Frank Reich, qui n’a pas su mettre les lacets du ballon face aux posts. Mais la raison de l’échec est certainement plus insidieuse. Pendant l’entraînement, Norwood avait remarqué que le vent qui sévissait ce soir là dans le Tampa Stadium faisait dévier ses coups de pieds. Des coups de pieds qu’il a donc ajustés à la météo, et qu’il a reproduits, pensant que le ballon allait une fois de plus faire un léger “crochet”. Mais il est cette fois resté droit… Il est également intéressant de savoir que Matt Bahr, le Kicker des Giants, avait certifié à son Coach Bill Parcells que, d’après ce qu’il avait pu voir de l’entraînement, Norwood allait échouer…

Un échec cruel pour un joueur qui s’en remettra très difficilement, même s’il fera une saison supplémentaire avec les Bills, et un autre SB, avant d’être remplacé par Steve Christie. Aujourd’hui encore, tout le monde se souvient du nom de Scott Norwood, joueur parodié dans nombres de films et de Shows Télé… Pourtant, à quelques centimètres près, lui comme Anderson, auraient tous deux été des héros. Moralité : “dur dur” le métier de Kicker en NFL…

Une fois encore, cet article m’a été soufflé par un pilier du forum “Touchdown”, à savoir Gmen, un passionné qui tient également de main de maître son blog “New York Giants : Power Football” et parsème les pages de “NFL Book” de commentaires éclairés depuis maintenant quelques mois. Après qu’il m’ait fait un savoureux portrait du Cowboy Leon Lett et de son “histoire” un peu particulière, je n’ai pas pu résister à l’envie de vous la conter ici-même. Deux histoires en une, toutes deux irrésistibles, qui écornent un peu l’épopée des Cowboys version 90, et qui met le doigt là où ça fait mal : l’amour-propre des fans à l’étoile. Mais, avec un pseudonyme tel que Gmen, vous vous doutiez bien que ma source, pour ne pas dire mon indicateur, ne pouvait que supporter les New York Giants ! Ne soyons donc pas étonnés qu’il se soit souvenu de ces histoires croustillantes, et qu’un petit sentiment de revanche l’anime lorsque nous parlons des Dallas Cowboys, et de leur arrogance avérée. Délicieux retour sur deux des plus grosses “foirades” de tous les temps…

Le Defensive Tackle des Cowboys Leon Lett n’est pas un second couteau, ne nous y trompons pas : 3 Super Bowl remportés en quatre ans (92, 93 et 95), 2 Pro Bowl disputés, et pas mal d’actions défensives de grande classe à son actif. Lett est avant tout une force inouïe et un joueur clé au sein de la dominante “D” de Dallas. Il combine un physique monumental, 1,98 m pour 135 kilos, avec un “First Step” fulgurant et dévastateur, qui le rendent performant pour stopper le run, mais aussi pour presser le QB adverse. Nécessitant une “Double Team” permanente, Lett, surnommé “The Big Cat” en raison de son agilité, est également connu pour une multitude de frasques… Sa carrière sera par exemple à jamais marquée par ses abus de substances illicites, une petite manie qui lui coûtera en tout 28 matchs de suspension… Des problèmes en dehors du terrain donc, mais également sur le terrain, puisque il se trouve qu’en plus de ses soucis extra-sportifs, sa carrière sera toujours mise en rapport avec les deux incroyables bévues qu’il a commises en moins d’un an. Des bourdes considérables qui le rendent célèbre et connu de tous les fans texans, du pays tout entier, mais aussi de tous les fans de NFL à travers le monde.

La première gaffe de Lett, classée numéro 1 par ESPN dans le “25 Biggest Sports Blunders”, se passe le 31 janvier 1993 lors du SB XVII opposant les Bills aux Cowboys. Les stars de l’époque s’appellent Jim Kelly, Thurman Thomas et Bruce Smith pour Buffalo, Troy Aikman, Emmitt Smith ou encore Michael Irvin pour Dallas. Un match de premier choix pour se faire remarquer de la sorte, d’autant que l’action est d’un grotesque achevé. En fin de quatrième quart-temps, alors que le score est déjà établi depuis fort longtemps en faveur des Boyz’, Jim Kelly est vitime d’un sack et commet un fumble, recouvert par Lett. Jusqu’ici, tout va bien, puisque le joueur est sur le point de retourner ce fumble pour un TD de presque 60 yards et par la même occasion d’établir un nouveau record de points marqués par une équipe lors d’un SB. C’est là que l’histoire se gâte… Arrivé aux 10 Yards, Lett veut “la jouer belle” et se faire mousser, il ralentit et tend le bras pour faire mine de déposer le ballon dans la End Zone. Le problème, c’est que le combattif WR des Bills Don Beebe, refusant de se faire humilier et de jouer les victmes expiatoires, est revenu à hauteur du DT au prix d’une course terrible, et que Lett ne l’a absolument pas vu fondre sur lui. Beebe se jette, et réussit à faire échapper le ballon des mains de Lett juste avant qu’il ne franchisse la Goal Line, ballon qui termine sa course à l’extérieur du terrain… C’est donc un fumble, et un Touchback !

Lett dira plus tard qu’il essayait de faire “une Michael Irvin” pour faire vibrer le public sur l’écran géant… Une initiative louable dans un sens, mais qui lui coûte un Touchdown et une partie de sa réputation, puisqu’il prive ainsi les Cowboys du record de points lors d’un Super Bowl, record qui appartient toujours aux Niners (55 points, SB XXIV contre 52 pour les Cowboys). Le pire, c’est que Leon Lett va récidiver moins d’un an après ! Le 25 novembre 1993, le joueur va une fois de plus se ridiculiser lors d’un match au sommet, un “Thanskiving Day Match” suivi par tout le pays. L’action est classée numéro 3 dans la fameux “25 Biggest Sports Blunders” d’ESPN, certainement parce qu’il ne s’agit que d’un match de saison régulière, mais la bévue est bien plus embarrassante que la précédente, puisque de celle-ci résultera une mémorable défaite. Le match se joue dans des conditions dantesques, une mini tempête s’étant ce jour là abattue sur le Texas.

Le terrain est donc enneigé, gelé, et c’est dans un froid terrible que les Cowboys affrontent l’un des autres ténors de l’époque, les Miami Dolphins. Le match est bien entendu très serré puisqu’il se joue sur un terrain à la limite du praticable, et les Cowboys mènent 14-13 à trois secondes de la fin. Mais les Dolphins n’ont pas dit leur dernier mot et, après une jolie passe de Steve DeBerg pour Keith Bryars, se retrouvent avec un Field Goal de 41 yards à transformer. Une opportunité inespérée de prendre l’avantage et de gagner ce match au sommet. Le Kicker, Pete Stoyanovich s’élance, mais le coup de pied est trop tendu, un peu bas, et il bloqué par l’équipe spéciale de Dallas. Le banc de Dallas exulte, Jerry Jones lève les bras, Troy Aikman et Michael Irvin s’enlacent… Pendant ce temps, Lett, qui n’a strictement rien du comprendre à la situation, se rue sur le ballon afin de le recouvrir. Mais il glisse et touche le ballon en tombant, ce qui le remet bien entendu en jeu. Miami tente donc à son tour de recouvrir le “Muff”, et après une bataille de chiffonniers, recouvre le cuir au 1 Yard… Tout était pourtant simple pour les Cowboys, car si Lett n’avait rien fait, Dallas reprenait automatiquement la possession du ballon. Au lieu de cela, et après un long conciliabule des arbitres, les Dolphins se voient autorisés à retenter un autre Field Goal, celui-ci beaucoup plus facile à passer entre les barres. Cette fois, Stoyanovich réussit son coup de pied et donne la victoire à Miami 16-14.

Une boulette qui n’aura une fois de plus aucune incidence sur la saison des Cowboys, qui remporteront encore le Super Bowl, mais qui entrera dans le Hall Of Fame de la lose et dans la légende de Leon “Blooper” Lett. Le Defensive Tackle, numéro 78, terminera sa carrière avec 121 matchs au compteur, 229 plaquages en solo, 40 assists, 22.5 sacks, 6 Forced Fumbles et 7 Fumbles Recoveries. Mais même si ses stats sont plus que correctes, et qu’il aura aussi réussi à retourner des situations plus que compromises en faveur de Dallas, il laissera toujours un sentiment mitigé, et gardera une image persistante qui ne lui correspond pourtant pas, celle d’être un loser… Comme me le faisait très justement remarquer Gmen, il y a plusieurs façons d’entrer dans la légende de la NFL… D’autres ont connu la même situation et ont encore du mal à s’en remettre… Demandez-donc à Jim Marshall

Une "vraie" Michael Irvin...

Il faut être honnête, cette histoire absolument incroyable n’aurait jamais du se retrouver sur ce blog. Non pas qu’elle ne soit pas à la hauteur des autres, bien au contraire, mais il fallait être un supporter acharné des New Orleans Saints depuis quelques années pour la connaître. Heureusement pour nous tous, Serpentos, croisé sur l’excellent forum Touchdown, grand fan des Cajuns devant l’éternel, a ressorti cette histoire du tombeau de sa mémoire dans lequel il devait l’avoir momifiée depuis fort longtemps… Il est vrai qu’un fan des Saints ne pouvait ignorer une telle histoire, car ce qui aurait du être une action d’anthologie débouchant sur une qualification providentielle en playoffs, ne restera qu’un échec retentissant dans une spirale infernale de défaites… Histoire…

Il est des équipes très difficiles à supporter, et les Saints ont, pendant de très longues années, fait partie de ces équipes. Depuis la création de la franchise en 1967, leurs fans ont pu déguster un certain nombre de saisons mi-figue mi raisin, voire totalement ratées. Fort heureusement pour eux, à la fin des années 80, une défense solide associée à l’intraitable “Dome Patrol”, un “LB Corps” terrible composé de Rickey Jackson, Sam Mills, Vaughan Johnson et Pat Swilling, fait trembler la NFL.  Cette escouade de Linebackers, considérée comme la plus performante, mais surtout la plus intimidante de l’histoire, était donc là pour “tenir la baraque”, livrer des actions défensives de grande classe, et donner enfin des saisons positives aux Saints. C’est la meilleure période pour la franchise qui fait une première apparition en playoffs, participe 4 fois à la post season et remporte une fois sa division… Malgré cela, les Saints ne parviennent pas à trouver une régularité et une sérénité attendues.

Après cette période bénie, il faut attendre un certain nombre d’années pour que New Orleans retrouve un niveau décent. Le début des années 2000 semble prometteur, avec des joueurs intéressants tels que Aaron Brooks, cousin de Michael Vick avec un profil de jeu similaire (les scrambles ne lui font pas peur, mais peuvent faire mal, voyez donc ici), Donte Stallworth, Joe Horn et Deuce McAllister. Des joueurs qui vont réussir à s’illustrer ce 21 décembre 2003 sur la pelouse Floridienne de Jacksonville. Les Saints jouent ce soir là l’avant-dernier match de la saison régulière, match ô combien important dans la perspective d’éventuels playoffs. Lors du quatrième quart-temps, les Jaguars, équipe d’ores et déjà éliminée de la course à la post season, mène 20 à 13 grâce à un gros match du Running Back Fred Taylor (34 portées pour 194 yards, 2 réceptions pour 31 yards et 1 TD). Les Saints ont encore une toute petite chance de revenir à égalité, même si elle est vraiment minime : il reste 7 secondes à jouer, et nous sommes en 2nd and 10 sur leurs 25 yards. Il ne leur reste donc plus qu’à tenter une passe longue et à prier…

Brooks prend le snap, mais au lieu de tenter une Hail Mary en arc-en-ciel, il effectue une passe tendue à destination du WR  Donte Stallworth qui se trouve sur la droite du terrain. Ce dernier capte le ballon “At Midfield”, et au prix d’un bel effort parvient à s’extirper des griffes des Defensive Back Fernando Bryant et Deke Cooper. Puis il tente un cutback, trouve un peu d’espace, mais sur le point de se faire plaquer, transmet le cuir au WR Joe Horn… C’est à partir de maintenant que l’action devient absolument hallucinante puisque les Saints enchaînent des passes latérales afin de se mettre en meilleure position : Horn pour McAllister, McAllister pour Pathon, Stallworth pour un méchant block, Pathon pour… le Touchdown !!! Les Saints viennent de réussir à marquer un TD incroyable et hautement improbable : le “River City Relay” est né ! Ils s’apprêtent donc à jouer les prolongations, une fois l’extra-point transformé, ce qui n’est théoriquement qu’une formalité pour un Kicker chevronné. C’est le cas de John Carney, qui joue sa seizième saison NFL et qui se retrouve donc avec tous les espoirs de ses coéquipiers au bout du pied. Après moultes délibérations des Referees pour savoir si les passes latérales étaient toutes valables, Carney se met en position pour tirer son PAT. Il s’élance, frappe mollement dans le ballon, et le manque ! Wide Right ! Le match est perdu, et les playoffs s’envolent…

“NO !!! He missed the extra point wide right ! Oh my God, how could he do that ?

Mais qu’a-t-il donc bien pu se passer ? Pourquoi une telle erreur de la part d’un Kicker habitué à 100 % de réussite au PAT ? Le snap paraît bon, le holder ne commet pas de faute… Certainement le trac lié au stress de l’attente pour tirer son Field Goal et une pression qui monte au fil des secondes passées à attendre. Tout le poids d’un échec éventuel et les espoirs d’une équipe sur un coup de pied auront eu raison de la précision du Kicker, qui semble lui même ne pas croire à son incroyable raté et qui reste sur le terrain, la tête basse. Le coach Jim Haslett et tous les coéquipiers sont atterrés tandis que le banc des Jags, très peu Fairplay sur ce coup là, exulte. Après le match, certains iront même jusqu’à penser que le pauvre Carney était à la solde de telle ou telle équipe, voire même d’une mafia quelconque organisatrice de paris… Pour le défendre, en tout cas de malhonnêteté, il ne s’agissait certainement que d’une simple erreur… Interrogé après ce match, Jim Haslett dira : “J’avais dit en début de saison que j’aurais mis ma vie dans les mains de John. Et bien je serais mort à présent… Je n’aurais jamais cru que cela puisse arriver.

Heureusement pour la suite de la carrière de Carney, et pour atténuer sa frustration, il se trouve que même en gagnant ce match, les Saints ne se seraient pas qualifiés pour les playoffs puisque Seattle et Dallas se seraient retrouvés devant avec 10 victoires. Dallas qui sera d’ailleurs battu 13-7 par les Saints lors du dernier match de cette saison 2003.

Fort heureusement pour les fans, l’équipe a complètement changé de visage depuis maintenant quelques années, qui coïncident d’ailleurs avec l’arrivée de Drew Brees en Louisiane. Pendant que la ville se rebâtit après le terrible ouragan Katrina, l’équipe fait donc de même en faisant toute confiance à Brees, et à… John Carney, qui vient d’être resigné par la franchise, visiblement pas rancunière. Si les Saints vont au bout cette année, Carney n’aura cette fois plus le droit de trembler !

Il est des joueurs qu’une franchise ne peut pas se permettre de laisser partir. Cela peut être un Franchise QB, tellement clutch qu’il en devient indispensable, un Running Back, ou un receveur inarrêtable, ou encore un défenseur si influent qu’il peut vous changer l’issue d’un match. N’importe quel GM sera donc prêt à casser sa tirelire pour garder en son sein LE joueur charismatique et expérimenté de son équipe, et chaque grand nom est donc associé à une grande équipe. Cependant, les joueurs prennent de l’âge, deviennent un peu plus sujets aux blessures, ou peuvent devenir vraiment trop gourmands en terme de ratio salaire/rendement, et il arrive que certaines stars changent d’équipes après avoir brillé des années dans une franchise, généralement sans grand éclat. Un dernier contrat pour certains, une dernière aventure pour d’autres… Voici le Top Ten des joueurs ayant fini leur carrière ailleurs…

10. David “Deacon” Jones – Defensive End

Rams 61-71/Chargers 72-73/Redskins 74 – Hall Of Famer

A croire que ce bon vieux “Deacon” va figurer dans tous les classements ! Deacon Jones est comme chacun sait l’inventeur d’un geste, mais surtout d’un terme, le sack. Une technique qu’il met au point et qu’il parfait pendant 11 ans chez les Los Angeles Rams, révolutionnant le jeu et l’approche du poste de Defensive End. Jones était avant tout sur un terrain pour s’amuser, c’est certainement la raison pour laquelle il signe en 1972 chez les très limités Chargers, franchise dans laquelle il joue deux saisons. Il effectuera un dernier baroud d’honneur chez les Redskins, jouant même un dernier match de playoffs perdu contre… les Rams…

9. Franco Harris  – Running Back

Steelers 72-83/Seahawks 84 – Hall Of Famer

Franco Harris, c’est avant tout deux choses : ‘”The Immaculate Reception”, et les Pittsburgh Steelers. L’imaginer porter un autre maillot est tout simplement inconcevable, avec celui des Seahawks sur les épaules sans doute encore plus. Pourtant, Harris effectuera la dernière saison de sa carrière dans la “Rainy City”. Ses chiffres n’auront bien entendu rien à voir avec ceux de son glorieux passé, mais ils restent après tout corrects pour un Fullback, d’autant plus qu’il ne dispute que 8 matchs avec Seattle. Il aura aussi eu le mérite d’attirer encore un peu plus de monde au stade, ce qui était certainement l’effet escompté…

8. Emmitt Smith – Running Back

Cowboys 90-02/Cardinals 03-04 – Présélectionné pour le Hall Of Fame

Emmitt Smith représente pratiquement à lui seul les Cowboys des années 90. Il restera perçu comme un Running Back agile et doté d’une excellente vision, à défaut d’avoir une vitesse ou une puissance extraordinaire. Un coureur “intelligent”, qui se contentait de suivre ses blockers et de pilonner la défense adverse jeu après jeu. Il remportera trois titres avec Dallas au cours d’une carrière considérée comme très longue pour un Running Back. Une carrière qu’il finira chez les cancres d’Arizona, les Cardinals, en marquant 11 TD’s en 20 rencontres, mais en ne participant plus aux playoffs.

7. Bruce Smith – Defensive End

Bills 85-99/Redskins 00-03 – Hall Of Famer

Si vous regardez une vidéo des Highlights de Bruce Smith, vous constaterez qu’il porte toujours le maillot des Bills. A croire que tout le monde a oublié ses quatre dernières saisons jouées sous le maillot des Redskins. Quatre saisons pour 29 sacks en tout et huit Forced Fumbles. Une moyenne presque décevante pour un joueur de cette valeur, qui était malgré tout assez âgé. Ces sacks supplémentaires lui permettent néanmoins d’arriver à un total de 200 en carrière, et de se positionner en tête de cette catégorie statistique très prisée. A noter qu’il attendra d’être coupé par les Skins’, n’arrivant pas à se résoudre à arrêter sa carrière à 40 ans passés.

6. O.J Simpson – Running Back

Bills 69-77/49ers 78-79 – Hall Of Famer

Connu pour des tas d’autres choses que pour le Football, Simpson a néanmoins commencé sa carrière publique chez les Bills. O.J “Juice” Simpson, icône “Black” des années 70, sorte de “Shaft” des terrains, restera pour tout le monde le premier joueur à avoir parcouru plus de 2000 yards en une saison (2003 yards en 1973). Un exploit accompli sous la bannière des Bills, franchise dans laquelle il évoluera pendant 9 ans, puis qu’il quittera pour un autre prestigieux maillot, celui des Niners. Un passage dans une équipe de San Francisco malheureusement à la dérive, qui ressemble plus à une pré-retraite dorée qu’à un exercice de force… Il n’y goûtera à la victoire que quatre fois en deux ans…

5. Brett Favre – Quarterback

Falcons 91/Packers 92-07/Jets 08/Vikings 09-aujourd’hui - Futur Hall Of Famer

Brett Favre a commencé sa carrière aux Falcons, mais c’est anecdotique. L’équipe qui l’a fait connaître, et à laquelle il sera liée à jamais, c’est bien les Green Bay Packers, avec lesquels il remporte le SB XXXI. Après avoir mis un terme à sa carrière et avoir déclaré à la presse qu’il ne se voyait jamais jouer ailleurs qu’au Lambeau Field, Favre change d’avis et signe aux Jets l’année dernière. Une saison moyenne et des interceptions à la pelle en raison d’une blessure vont coûter les playoffs à son équipe. Sa réputation en souffre, et il décide donc de prendre sa retraite “définitive” une deuxième fois… Mais l’appel du terrain est décidément trop fort, et il fait un second retour au jeu début 2009 chez les Vikings, ses anciens rivaux ancestraux de la NFC North ! Un retour très réussi pour le moment, bien qu’il faille encore attendre pour savoir si l’histoire sera belle… Espérons le pour lui.

4. Jerry Rice – Wide Receiver

49ers 85-00/Raiders 01-04/Seahawks 04 - Présélectionné pour le Hall Of Fame

Jerry Rice est certainement le meilleur receveur de tous les temps, et c’est à San Francisco qu’il a gagné ce titre personnel, et accessoirement 3 Super Bowl. C’est sûrement la raison pour laquelle les Seahawks ont fait le pari de l’engager alors qu’il était déjà âgé de 39 ans. Loin de baisser le pied, Rice semble toujours au top lors de sa première saison à Oakland, pendant laquelle il catche 83 passes pour 1139 yards et 9TD’s. Les Raiders auraient même du faire une belle campagne de playoffs, s’ils n’avaient pas été scandaleusement éliminés par les Patriots à cause de la fameuse “Tuck Rule”. 2002 est du même tonneau, avec des stats encore meilleures (92 réceptions, 1211 yards et 7 TD’s) et un SB de plus disputé, malheureusement perdu 48-21 contre les Buccaneers. Il y marquera tout de même un touchdown, qui fait de lui le seul joueur à avoir réussi une réception dans 4 SB différents. Les saisons d’après seront elles anecdotiques. On retiendra simplement que pendant son passage au Seahawks, Steve Largent a autorisé Rice à porter son numéro retiré, le 80. C’est dire le respect qu’il impose…

3. Joe Namath – Quarterback

Jets 65-76/Rams 77 - Hall Of Famer

“Broadway Joe” a tout connu aux Jets de New York en particulier une victoire légendaire lors SB III (16-7 contre les Colts) à tel point qu’une grande partie des fans a oublié qu’il a porté le jersey des Rams durant une saison. Lorsqu’il arrive aux Rams, ses genoux ont déjà beaucoup souffert et la motivation n’est plus vraiment là, même si officiellement il arrive à Los Angeles pour relancer sa carrière. Sa saison s’arrêtera au quatrième match, après une prestation lamentable contre les Bears : 16/40, 203 yards, 0 TD et 4 INT et une défaite d’un point à la clé… Des stats indignes pour “Willie Joe” qui décidera de raccrocher après la rencontre… Dommage qu’une telle légende finisse sur un match manqué à ce point.

2. Johnny Unitas – Quarterback

Steelers 55/Colts 56-72/Chargers 73 – Hall Of Famer

Les Steelers n’ont pas voulu de Johnny U, préférant le virer comme un malpropre après l’avoir pourtant drafté ! Qu’importe, c’est aux Colts qu’il laissera une trace indélébile et qu’il entrera dans la légende. “The Golden Arm” sévira à Baltimore pendant 16 ans et y écrira certaines des plus belles pages de la NFL, comme “The Greatest Game ever played” contre les Giants en 1958, ou une victoire au Super Bowl V contre les Cowboys. Après une très belle carrière, Unitas vieillissant tentera de se faire une place dans le Roster des Chargers où il sera bien vite supplanté par le jeune et très talentueux Dan Fouts. Il ne jouera que 5 matchs et rendra une fiche d’équipe bien peu reluisante de 2-11-1.

1. Joe Montana – Quarterback

49ers 79-92/Chiefs 93-94 – Hall Of Famer

Comment associer “Joe Cool” à une autre franchise que celle des 49ers ? Est-ce vraiment possible ? Pourtant, après une carrière étincelante à San Francisco couronnée par 4 titres et une multitude de distinctions (Offensive Player of The Year, MVP de la ligue, 3 fois MVP du SB), Montana se lancera un dernier défi personnel aux Kansas City Chiefs. Il y arrive après avoir retrouvé toutes ses qualités de passeur, tout juste remis d’une grosse blessure au coude qui l’a tenu éloigné des terrains pendant presque deux saisons. Malgré sa réputation, le doute subsiste sur sa capacité à effectuer une saison aussi aboutie qu’auparavant. Il jouera pourtant deux saisons complètes et très réussies avec les Chiefs, se qualifiant à chaque fois pour les playoffs. Les Chiefs atteindront même la finale de conférence en 1993, et “The Comeback Kid” sera l’un des seuls joueurs de ce classement à avoir une fin de carrière relativement satisfaisante et en rapport avec son statut.

Honorables mentions :

Earl Campbell – Running Back

Oilers 78-84 /Saints 84-85 – Hall Of Famer

Earl Campbell aura connu ses plus belles heures dans le Texas, aux Oilers de Houston. Ses exceptionnelles qualités de vitesse alliées à sa puissance physique lui ont valu nombre de distinctions personnelles, dont celle d’Offensive Rookie of The Year, et l’ont mené à plusieurs titres de MVP, dont un dès sa première saison. Cet ancien First Overall de la draft 1978 compilera yards et TD’s pendant plus de cinq ans, puis commencera à baisser le pied et finira sa carrière aux Saints, dans un rôle allégé. Earl Campbell prendra sa retraite peut-être un peu trop tard, admettant avoir pris beaucoup trop de coups… Il a d’ailleurs aujourd’hui beaucoup de mal à se déplacer en raisons de ses mauvais genoux, de terribles maux de dos et d’arthrite chronique.

Cris Carter – Wide Receiver

Eagles 87-89/Vikings 90-01/Dolphins 02 – Finaliste à l’élection du Hall Of Fame en 2008, pressenti pour 2011

Carter commence sa carrière à Philadelphie, franchise qui ne compte visiblement pas sur lui. Son temps de jeu est limité, et il migre dans le Minnesota, équipe dans laquelle il va prendre une toute autre dimension. Sa carrière décolle enfin, et elle prend encore plus d’ampleur quand les Vikes font venir le vétéran Waren Moon pour diriger l’attaque. Carter réussit deux saisons énormes, avec 122 réceptions (un record pendant longtemps), et ce deux années consécutives. Il enchaînera alors les grosses saisons, devenant l’un des piliers de l’attaque violette avec le QB Daunte Culpepper et l’autre star WR Randy Moss. Victime d’une petite méforme avec l’âge, l’aventure Vikings se termine et Carter retrouve un job à Miami en 2002. Il y jouera seulement 5 matchs pour 8 petites réceptions et 1 TD…

Tony Dorsett – Running Back

Cowboys 77-87/Broncos 88 – Hall Of Famer

Les Cowboys ont toujours basé leur stratégie offensive sur un jeu au sol solide emmené par des Backs besogneux. Tony Dorsett ne dépareille pas dans cette lignée puisqu’il tiendra le running game de Dallas pendant onze saisons, dont 8 au-delà des 1000 yards. Une belle fiche personnelle, mais des chiffres qui baissent un peu à l’approche de la trentaine avec un rôle moins important, et une place de titulaire perdue. Dorsett tentera de se relancer à Denver sous la houlette du très talentueux QB John Elway, où il effectuera une saison somme toute satisfaisante pour un vétéran (703 yards et 5 TD’s).

Thurman Thomas – Running Back

Bills 88-99/Dolphins 2000 – Hall Of Famer

12 ans et 4 Super Bowl disputés sous les couleurs d’une franchise, ça vous forge un homme ! Thomas aura réalisé cet exploit avec les Bills, livrant des prestations plus ou moins bonnes lors de ces Super Bowl. Joueur erratique, ses saisons sont à l’avenant, avec des performances énormes (MVP de la ligue en 1991), ou des prestations moins exceptionnelles (643 yards en 1997). Thurman Thomas était donc capable du meilleur comme du pire, ce qui n’empêche pas les Dolphins de le signer pour une dernière saison en 2000. Thomas aidera tout de même la franchise à se hisser en finale de division, perdue sévèrement 27-0 contre les Raiders.

Marcus Allen – Running Back

Raiders 82-92/Chiefs 93-97 – Hall Of Famer

Marcus Allen aura effectué sa plus belle campagne avec les Los Angeles Raiders dès sa deuxième saison pro. Il s’agit bien entendu de l’année 1983, qui le voit remporter le Super Bowl XVIII et être élu MVP de cette grande finale. Ce soir là, il parcourt 191 yards, dont une course de 74 yards pour le TD (ce qui fut un record jusqu’en 2006), réalise deux réceptions pour 18 yards et marque 2 TD’s. Les Raiders gagnent 38-9, et Allen a d’ores et déjà marqué la franchise de son empreinte. Il y restera jusqu’en 1992, avant de faire ses valises pour les Chiefs de Kansas City. Il y réalisera également de bonnes performances, jouant les playoffs quatre fois sur cinq, dont une finale de Conférence perdue 13-6 contre les Bills d’un Thurman Thomas étincelant.

Archie Manning – Quarterback

Saints 71-82/Oilers 82-83/Vikings 83-84 – Pas délection prévue au Hall Of Fame

Archie Manning était un très bon QB, qui jouait malheureusement dans une très mauvaise équipe. Très mal protégé, Manning se faisait sacker très fréquemment, et était même devenu le punching Ball privilégié d’un certain Jack Youngblood. “He wouldn’t have gotten in to the Hall Of Fame without me to sack !” plaisante-t-il. Il termine sa carrière aux Oilers et aux Vikings, jouant un très petit nombre de matchs dans deux équipes en reconstruction. Malgré tout, il fut et reste un Quarterback très respecté par ses anciens adversaires et par la nouvelle génération de joueurs.

Ronnie Lott – Cornerback/Safety

49ers 81-90/Raiders 91-92/Jets 93-94 – Hall Of Famer

Ronnie Lott n’est pas le seul défenseur de ce classement, mais il en est le seul Defensive Back. Ce joueur polyvalent a fait des merveilles au sein de la défense des Niners pendant 9 ans, équipe qui le propulsera parmi les tous meilleurs DB de la ligue et avec laquelle il remportera 4 Super Bowl. Il entrera donc dans l’histoire de la franchise, mais aussi dans celle de la NFL, avec des matchs épiques ou des anecdotes incroyables, comme celle concernant sa blessure au doigt. Lott changera ensuite d’air à plusieurs reprises, réalisant une bonne saison en 1991 avec les Raiders, pendant laquelle il réussit 8 interceptions (record de l’année) et participe à un match de Wild Card perdu contre les Chiefs. Son passage aux Jets reste cependant très confidentiel…

Hors classement :

Vince Lombardi – Head Coach

Packers 59-67/Redskins 69 – Hall Of Famer

Vince Lombardi à tout fait chez les Packers, et est à l’origine d’une grosse partie de la légende de cette franchise. Ce coach mythique y remporte 5 titres, dirige des matchs légendaires (le Ice Bowl de 1967 par exemple), aide à y révéler des talents tels que le QB Bart Starr, met sur pieds des stratégies toutes nouvelles, et surtout un autre mode de coaching quasi militaire. Il adorait pourtant ses joueurs et développait même des rapports filiaux avec certains d’entre eux, sans pour cela les épargner lors d’entraînements extrêmement éprouvants. Une sorte de gourou footballistique qui essayera de mettre ses préceptes à la disposition des Redskins, mais qui n’y rendra qu’une fiche de 7-5-2. Son cœur était certainement resté cette année là dans le froid du Lambeau Field, et il y demeurera quoi qu’il en soit à jamais.

Il doit encore exister une poignée de joueurs ayant réalisé de grosses performances, puis changé d’équipe, qui ne sont pas cités dans ce classement. Si l’un d’entre eux vous vient en tête, n’hésitez pas à le laisser dans les commentaires avec les équipes qu’il a fréquentées durant sa carrière. Ainsi, cet article sera plus complet…

1985. Les Bears terminent leur superbe saison (15-1) avec un titre, après avoir laminé les Patriots 46-10 lors du Super Bowl XX, bouclant ainsi l’une des campagnes les plus réussies de l’histoire. L’équipe est impressionnante, et la défense dévastatrice, composée de monstres redoutés de toute la ligue, dont les deux Big men Richard Dent et William “The Refrigerator Perry”, et du LB “Samouraï” Mike Singletary. Une escouade que l’on s’imagine, sans trop savoir pourquoi, aussi cool dans la vie que sans pitié sur le terrain… A raison. Outre le fait que “The Fridge” est capable de se fendre la poire entre deux plaquages appuyés, ce qui le prouve encore le mieux reste leur tube, enregistré cette année-là, intitulé le “Super Bowl Shuffle”…

Pour célébrer une énorme saison, avant un titre très attendu (la franchise vient de traverser une période de disette de plus de vingt ans), l’équipe des Bears décide d’enregistrer un disque, et de tourner un clip qui sera diffusé sur toutes les antennes Américaines. Le travail est effectué, ironie de l’histoire, le mardi 3 décembre 1985, le lendemain de leur seule défaite de la saison 38-24 contre les Dolphins lors du MNF. Le “Super Bowl Shuffle” – titre du morceau – est donc proposé à un public médusé et rigolard, piaffant d’impatience à l’idée de voir des joueurs patauds et mal à l’aise chanter comme des casseroles… A l’arrivée, le “Super Bowl Shuffle” est un titre très daté années 80, à mi-chemin entre le rap et la variété Américaine de l’époque… et il est loin d’être mauvais ! Les joueurs s’éclatent comme des bêtes, débitent les lyrics comme de vrais pros, et prennent plaisir à exécuter la chorégraphie dans leur tenue de futurs champions ou à simuler de jouer d’un instrument qui ne leur est pas du tout familier.

Rien ne semble pouvoir arrêter cette équipe des Bears, qui surfe sur la vague d’un succès acquis sur le terrain pour s’attirer la sympathie de tout un pays grâce à une chanson. Car le titre s’avère être un tube qui se vend très bien et qui obtient même une nomination aux Grammy Awards (Best Rhythm & Blues Vocal Performance for a Duo or a Group). Le “Super Bowl Shuffle” devient très vite l’hymne plus ou moins officiel du public des Bears, repris en chœur par toute une horde de fans déchaînés :

We are the Bears Shufflin’ Crew
Shufflin’ on down, doin’ it for you.
We’re so bad we know we’re good.
Blowin’ your mind like we knew we would.
You know we’re just struttin’ for fun
Struttin’ our stuff for everyone.
We’re not here to start no trouble.
We’re just here to do the Super Bowl Shuffle.

Outre le succès musical du morceau, les paroles complètes valent elles aussi leur pesant d’or. On y trouve par exemple des références sympathiques, comme dans la phrase interprétéé par Steve Fuller : “So bring on Atlanta, bring on Dallas, this is for Mike and Papa Bear Halas”, clins d’œil au Coach Mike Ditka et au regretté George Halas, Coach mythique de la franchise disparu deux ans auparavant. Quant aux deux équipes citées, Atlanta et Dallas, elles sont une référence aux deux matchs que Fuller a démarré cette année là, deux victoires écrasantes 36-0 et 44-0. Lui qui était considéré comme un has-been prend sa revanche en chanson. William Perry fait lui allusion à sa double position au sein de l’équipe (DT et FB) : “You’ve seen me hit, you’ve seen me run”, et Gary Fencik explique sa position privilégiée de Strong Safety au sein de la 46 Defense : “Buddy’s guys cover it down to the bone, That’s why they call us the 46 zone”. On y apprend aussi grâce à Walter Payton, que tout ceci est fait pour une œuvre de charité, et non pour l’argent : “And we’re not doin’ this, Because we’re greedy. The Bears are doin’ it to feed the needy.” Toutes les paroles sont à l’avenant, et tout en ayant été écrites pour le fun, elles expliquent tout de même bien la mentalité de la franchise à cette époque.

On notera également qu’une femme arbitre est obligé de jouer du sifflet et d’annoncer un flag à deux reprises sur le clip afin de couvrir un mot interdit dans la phrase du Defensive End Richard Dent : “We stop the run, we stop the pass, I like to dump guys on their Ass” et un second dans le Of my style and class, That’s why some end up on their Ass” du Linebacker Otis Wilson.

Le plus intéressant dans cette histoire, c’est que le “Super Bowl Shufflin’ Crew”, nom du groupe d’un jour, est composé de joueurs immenses qui ne se prennent pas du tout au sérieux. Voir des légendes du jeu tels que Walter “Sweetness” Payton ou “Samouraï” Mike Singletary rapper comme des lycéens, des stars comme Willie Gault, Gary Fencik, ou Jim “Punky QB” McMahon descendre de leur propre chef de leur piédestal pour distraire le public, et des “Big Men” tels que Otis Wilson, Richard “Sackman” Dent et Will Perry se déhancher de la sorte est tout simplement irrésistible. Certes, certains tempéraments sur le terrain, comme Richard Dent, semblent un peu plus en retrait lors d’un tel exercice, mais ils s’y prêtent tout de même de bonne grâce et s’en sortent très bien. Au total, 24 joueurs participeront à cette aventure. Seul le Defensive End Dan Hampton refusera l’invitation, prétendant qu’une telle entreprise lui paraissait un peu trop arrogant avant d’avoir remporter le Super Bowl. Un choix personnel respectable, même si l’avenir ne lui a pas vraiment donné raison…

Malgré tout, le Super Bowl Shuffle n’est pas réellement une idée originale, puisque les 49ers avaient tenté la même expérience une année auparavant avec le très disco “We Are the 49ers”, titre resté relativement confidentiel et qui a vite été oublié par tout le monde, ce qui n’est pas le cas du “Shuffle”. Les Giants s’inspireront d’ailleurs du succès de leurs prédécesseurs pour célébrer leur titre de 1986 avec “Walk like a Giant”, reprise du tube “Walk like an Egyptian” du groupe “The Bangles”. Chicago a donc fait des émules, puisque les Raiders (“The Silver and Black Attack”), les Rams (“Let’s Ram It”), et même plus récemment les Jaguars (“Uh Oh, The Jaguars Super Bowl Song” en 1999) essayeront aussi de se faire une place dans les charts, mais à chaque fois sans que la magie n’opère… Sans compter que les prédictions de victoire finales ne s’avèreront jamais. Le titre le plus notable, et le plus ridicule peut-être, a lui été enrEgistré par les Patriots… Vexés d’entendre le “Super Bowl Shuffle” de leurs rivaux cartonner de la sorte, les Pats, au tout début de l’année 1986, donc juste avant le SB XX, sortent en réponse le titre “New England, The Pat’riots and We”. Le morceau prédit bien entendu une victoire… Les Bears s’imposeront comme chacun sait 46-10…

Le Super Bowl Shuffle,  objet marketing bien huilé mais dénué d’intérêt commercial, est donc entré dans l’histoire de la grande ligue ! Beau clin d’œil, puisqu’à notre époque, le talent des joueurs s’expriment beaucoup plus dans les publicités, et c’est bien dommage…

Il existe un certain nombre de très grands Quarterbacks qui n’auront jamais gagné le moindre Super Bowl : Dan Marino, Jim Kelly, Fran Tarkenton, Dan Fouts, Warren Moon… Bien entendu, l’adversité y est pour beaucoup dans ces échecs : Marino l’a disputé une fois mais a échoué contre les 49ers de Montana, Tarkenton et Kelly se sont cassés plusieurs fois les dents sur de grosses cylindrées (Steelers, Raiders, Redskins, Cowboys), Dan Fouts et Warren Moon, eux, et malgré leur incroyable qualité de passeurs, n’ont même pas eu la chance d’arriver jusque là, évoluant dans des équipes un peu trop juste (Chargers, Oilers). Pourtant, tous ces joueurs auraient mérité cette victoire tant désirée à un moment ou à un autre de leur carrière, voire pourquoi pas être élus MVP d’un tel évènement. On peut alors se demander pourquoi des joueurs beaucoup plus limités tels que Trent Dilfer ou Brad Johnson ont pu réussir à remporter le titre suprême. Une première raison s’impose : la chance. Celle de se trouver dans la bonne équipe, au bon moment. Mais si le facteur chance y est pour beaucoup, il y a indubitablement autre chose… Tentative d’explication…

Trent Dilfer et Brad Johnson auraient du finir tous les deux aux oubliettes. Le propos est peut-être excessif mais il est basé sur des faits. Ces Quarterbacks ne possédaient ni l’un ni l’autre un bras extraordinaire, que ce soit en terme de puissance ou de précision, ils n’étaient pas non plus des playmakers. Leur seul atout était d’évoluer au sein d’une équipe talentueuse, de l’avoir rapidement compris, et d’exécuter à la lettre les consignes du Coach sans rechigner. Tout ça dans un seul but, gagner. Car c’est là le premier élément… Comme toutes les superstars du poste, les joueurs un peu plus limités sont eux aussi animés d’une insatiable envie gagner.

Lorsque Dilfer arrive aux Ravens après 6 années passées aux Tampa Bay Buccaneers, ses statistiques sont pour le moins douteuses : 70 TD’s pour 80 interceptions et un rating de 65.6 ! Certes, il évoluait dans une équipe Floridienne en lutte et en pleine reconstruction, mais ces chiffres sont très loin de celles d’un “Franchise QB”. Malgré tout les Ravens lui font plus ou moins confiance et lui proposent de signer en tant que backup du titulaire de l’époque, Tony Banks. Mais Banks a un début de saison mitigé, se troue complètement à plusieurs reprises, et se montre incapable de marquer le moindre touchdown quatre semaines consécutives. Les Ravens se voient alors dans l’obligation de confier la direction de l’attaque à Trent Dilfer. Dilfer perd son premier match, mais il apprend vite à se servir des armes à sa disposition : les Backs Jamal Lewis et Priest Holmes qui amassent un nombre de yards impressionnant, ainsi que le receveur Brandon Stockley et le Tight End Shannon Sharpe. Et quand on possède en plus de cela un Left Tackle ultra solide tel que Jonathan Ogden, on se trouve très souvent dans un fauteuil pour trouver ses cibles.

Lors du Super Bowl que Dilfer dispute après des matchs de playoffs relativement réussis, Dilfer n’a pas besoin de tenter des choses extraordinaires, car Kerry Collins et l’attaque des Giants (une équipe qui présente un profil similaire à celui des Ravens) sont complètement annihilés par l’énorme défense des Ravens constituée de monstres physiques (Ray Lewis, Peter Boulware, Chris McAllister, Rod Woodson) capables de marquer ou de faire changer la physionomie d’un match à tout moment. Dilfer se contente de “faire le boulot”, et termine avec des statistiques correctes, 12/25, 153 yards et 1 TD, même s’il n’est à l’origine que de 7 points sur les 34 marqués. Malgré une popularité grandissante auprès des fans de Baltimore, Dilfer sera coupé à la fin de la saison. Il est vrai que ses stats étaient loin d’être mirobolantes : 12 TD pour 11 interceptions, 59.3 de complétion et un rating de 76.6. Des chiffres très bas, mais des résultats d’équipe pourtant satisfaisants quand il est à la baguette : 7 victoires pour seulement une défaite. Malgré tout, il est le premier QB viré d’une équipe qui vient de remporter le titre. Il n’est en effet vu que comme un “caretaker quarterback”, c’est à dire un joueur parfaitement remplaçable, à qui l’on demande simplement de développer une run-heavy offense et de laisser faire sa défense pour le reste… Un joueur de qui l’on attendra jamais une action de grande classe et qui sait s’effacer au profit de joueurs plus talentueux, et du bloc équipe… “He’s just a quarterback that manages the game…“. Tout cela est vrai, et personne ne peut le nier, mais il est néanmoins intéressant de constater que les Ravens ne gagnaient pas avec Tony Banks, et qu’ils n’ont jamais plus gagné après le départ de Dilfer…

L’histoire de Brad Johnson est à peu près le copier-coller de celle exposée ci-avant puisque Johnson débarque aux Bucs peu après “l’époque Dilfer”, avec une soixantaine de matchs NFL au compteur. Des stats honnêtes, 79 TD’s pour 57 interceptions, un rating plus correct que celui de Dilfer (80.7), et surtout une grosse saison avec les Redskins (4005 yards, 24 TD’s, 13 INT’s, 90 de rating et un Pro Bowl à la clé). Les joueurs sur lesquels s’appuyer sont là aussi très intéressants : les RB Michael Pittmann et Mike Alstott pour le running game, et les solides receveurs Keenan McCardell et Keyshawn Johnson pour le jeu deep. Seul petit détail, même si la défense des Ravens était énorme, celle-ci semble sur le papier encore plus impressionnante, avec des noms prestigieux tels que Waren Sapp, Simeon Rice, Derrick Brooks, Ronde Barber ou John Lynch… N’en jetez plus, toutes les lignes étaient d’une solidité à toute épreuve…

Après une saison très réussie, Brad Johnson dispute à son tour le SB, et réalise un match correct (18/34 pour 215 yards, 2 TD’s, 1 INT). Mais, là encore, c’est la défense qui fait la majeure partie du travail pour venir à bout des Raiders, marquant 21 points sur les 48 de l’équipe. Johnson s’est lui aussi contenté de “passer les plats” pendant que la D servait chaud jeu après jeu. La belle histoire se terminera plus ou moins comme celle du Raven, une fin de carrière sans relief dans d’autres équipes, et la même incapacité de son ancienne équipe à gagner un autre titre.

La moralité de tout ceci est donc double. Certes, ces deux joueurs ont eu un impact minime sur les performances globales de leur franchise, mais ils ont eu le mérite de jouer leur partition sans fausse note, en rangeant leur ego de côté, sachant se fondre dans le collectif, et ont su tout donner pour la cause de l’équipe. Le canevas de la victoire est donc simple : des joueurs soudés, des escouades défensives performantes, un coaching fin et judicieux (Billick pour les Ravens et Gruden pour les Bucs), un playcalling adapté et conçu pour soulager le passeur, le tout renforcé par quelques individualités. Ces deux Quarterbacks n’ont donc pas à proprement parler conduit leur équipe au titre, et c’est bel et bien l’équipe qui les a menés à la victoire.

Pour finir, et lever toute ambiguïté, il faut préciser qu’il est heureux que de tels joueurs existent, et qu’il est également bon pour ce sport que de tels joueurs puissent gagner et emporter avec eux un peu du succès collectif. Certains orgueilleux du passé, et beaucoup de très jeunes stars surfaites du présent n’auront jamais cette chance…

Dilfer terminera sa carrière avec des stats loin d’être faramineuses, et même très loin des standards NFL : 58 victoires pour 55 défaites, 55.5 % de complétion, 113 TD’s pour 129 interceptions et un rating de 70.2…

Johnson, actuellement Free Agent, possède des statistiques légèrement plus hautes : 72 victoires pour 53 défaites, 61.7 % de complétion, 166 TD’s pour 122 Interceptions et un rating de 82.5…

Mais quoi qu’il arrive, les deux joueurs mettront un terme à leur carrière malgré tout avec un titre en poche.

Même si l’amateur éclairé sait savourer un gros match défensif comme il se doit, il existe une catégorie de joueurs dont l’impact sur un match, sur une saison, ou sur le mental de leurs coéquipiers, et la faculté à mettre leur équipe “dans le bon sens” ne sont certainement pas encore appréciés à leur juste valeur par le fan lambda. Pourtant, cette catégorie de défenseurs compte dans ses rangs un grand nombre de noms illustres, parmi les plus grands guerriers à avoir évolué sur un terrain de NFL. Petit retour sur ces joueurs qui jeu après jeu, comme une vague déferlante, reviennent à la charge avec toujours autant de hargne et d’abnégation, les Pass Rushers. Un bel éventail non-exhaustif de joueurs à découvrir pour certains, et à classer selon leur feeling pour les autres… Des joueurs qui répondent quoi qu’il en soit tous aux mêmes critères, et à la même maxime : Speed, strength, and a motor that never quits.

10 . Richard Dent – DE – #95/96 – Bears, 49ers, Colts, Eagles

137.5 sacks en 15 saisons – 17.5 sacks en 1984 (et 17 en 1985)

Dent a été l’une des pièces maîtresses de la 46 Defense et de son implantation en NFL. Ses 17 sacks de la saison 1985, et sa domination lors des playoffs, ont été une des clés du titre remporté cette année là. Une saison impressionnante qui restera l’une des plus aboutie de l’ère actuelle, et un succès en partie du à sa vitesse, qui lui donnait un avantage non négligeable sur les Tackles adverses.

9. Mark Gastineau – DE – #99 – Jets

107.5 sacks en 10 saisons – 22 sacks en 1984

Il a longtemps détenu le record de sacks en une saison, soit 22 en 1984 (il garde encore aujourd’hui la deuxième place), lui qui en avait déjà réussi 19 en 1983. Mark Gastineau restera l’une des figures défensives marquantes des années 80, pierre angulaire du New York Sack Exchange, et joueur aussi facétieux qu’attachant…

8. Jack Youngblood – DE – #85 – Rams

151.5 sacks en 14 saisons

La seule statistique disponible est de 10.5 sacks en 1983, en fin de carrière. On peut allègrement en rajouter une dizaine pour avoir une idée de son impact quelques années auparavant. Youngblood était le leader du “New Fearsome Foursome“, dans lequel évoluait également un autre terrible Pass Rusher, Fred Dryer. Des exploits qui les ont menés au Super Bowl XIV, malheureusement perdu contre les Steelers de Bradshaw.

7. Michael Strahan – DE – #92 – Giants

141.5 sacks en 15 saisons – 22.5 sacks en 2001

Michael Strahan a tout fait pour gagner le titre suprême, ce qu’il finit par réussir en toute fin de carrière. Au-delà de son record de sacks sur une saison (22.5), il faut retenir son leadership défensif grâce auquel les Gmen ont su éteindre les Patriots et remporter le SB XLII. Un joueur exemplaire qui aura su garder sa superbe tout au long de sa carrière en évitant la saison de trop.

6. Derrick Thomas – OLB – #58 – Chiefs

126.5 sacks en 11 saisons – 20 sacks en 1990

D.T reste LE joueur à avoir réussi 7 sacks en un seul match. Un record qui semble aujourd’hui difficile à battre, et qu’il a de grandes chances de garder encore quelques années. Le digne successeur au poste de Lawrence Taylor, même si son aîné était beaucoup plus féroce et d’autant plus craint.

5. Kevin Greene – OLB/DE – #91 – Rams, Steelers, Panthers, 49ers

160 sacks en 15 saisons – 16.5 sacks à deux reprises (88 et 89)

Greene était un fou… Un monomaniaque du sack (10 sacks au moins au cours de 10 saisons sur 15 jouées) ! Evoluant comme Linebacker ou Defensive End selon les besoins de l’équipe, il n’avait qu’une idée en tête, mettre le Quarterback au sol, voire hors du match… Un buffle, tellement fort qu’il finira sa carrière sportive en tant que catcheur… Il est encore à ce jour le troisième meilleur sackeur NFL de tous les temps.

4. Lawrence Taylor – OLB – #56 – Giants

142 sacks en 13 saisons – 20.5 sacks en 1986

L.T a été élu 3 fois défenseur de l’année. Sa présence sur un terrain était si intimidante qu’elle diminuait de moitié les facultés d’un Quarterback : ce dernier ne se sentait jamais tranquille et jouait avec la peur au ventre, sans arrêt traqué par un Taylor prêt à lui tomber sur le râble. Et quand il sackait, Lawrence Taylor ne faisait pas semblant. Demandez-donc à Joe Theismann les dégâts qu’il pouvait engendrer… (voir le commentaire de Gmen concernant cette histoire ici). Taylor aura su mener son escouade et son équipe à deux Super Bowl (XXI et XXV).

3. Bruce Smith – DE/OLB – #78 – Bills, Redskins

200 sacks en 19 saisons – 19 sacks en 1990

Le plus grand sackeur de tous les temps, c’est lui (200 sacks en carrière). Force, rapidité, technique très sûre, Smith avait tout. On se souviendra surtout de ce terrible sack sur un Boomer Esiason qui ne le voit pas arriver et qui se retrouve à moitié inconscient sur le sol. Comme le dira par la suite Hugh Douglas (coéquipier d’Esiason aux Jets), le sourire aux lèvres : “Boomer is dead ! Oh my God, He killed Boomer ! “. Smith réussira à faire progresser la défense des Bills jusqu’à un niveau insoupçonné, et à les qualifier à 4 SB successifs (de 1989 à 1993)… Tous perdus ! Une longévité impressionnante à un poste éprouvant.

2. David “Deacon” Jones – DE – #75 – Rams, Chargers, Redskins

173.5 sacks en 14 saisons

“Deacon” annonce volontiers que les statistiques de l’époque n’étaient pas au point et que les estimations le concernant sont trop approximatives. Il revendique plus de 200 sacks et prétend avoir provoqué un nombre énorme de passes à la limite de l’”intentional grounding”, juste par peur d’un de ses sacks dévastateurs. “Deacon” Jones n’est pas modeste, et il a bien raison : ce Hard Hitter a réinventé le poste de DE et lui a rendu ses lettres de noblesse. LE grand bonhomme du “Fearsome Foursome” des Rams de ces années là.

1. Reggie White – DE/DT – #91/92 – Eagles, Packers, Panthers

198 sacks en 15 saisons – 21 sacks en 1987

Trois saisons consécutives à au moins 18 sacks, et un titre honorifique, mais amplement mérité, de meilleur DL de tous les temps. White, “The Minister Of Defense”, c’est avant tout 198 sacks en 15 ans, tout juste derrière Bruce Smith (qui en a réalisé 200, mais en 19 ans). Il possédait tous les moves et savait aller chercher ses sacks tout seul, profitant de chaque espace libre pour laisser parler sa force. Le titre des Packers de 1996 (SB XXXI), auquel il prend une part énorme, vient couronner une carrière magistrale.

Honorables Mentions :

Jason Taylor – OLB/DE – #99/55 – Dolphins, Redskins

127 sacks en 13 saisons – 18.5 sacks en 2002

6 fois Pro Bowler, ce défenseur de l’année en 2006 connaît une saison gargantuesque avec des statistiques énormes : 13.5 sacks, 10 forced fumbles, 2 fumble recoveries, et 2 interceptions retournées pour le TD. Malheureusement pour lui, Taylor aura évolué, et évolue toujours au sein d’une franchise trop limitée pour pouvoir lui apporter un titre bien mérité. Sa carrière n’est pas encore achevée, mais son niveau commence légèrement à baisser…

Warren Sapp – DT – #99 – Buccaneers, Raiders

96.5 sacks en 13 saisons – 16.5 sacks en 2000

Un total de sacks impressionnant pour un Defensive Tackle et pour un joueur qui était loin d’être un “Edge Rusher” de formation (portrait un peu plus détaillé ici). Tout comme pour le cas de Richard Dent (numéro 10 du classement), Sapp aura eu une influence énorme sur le titre des Bucs en 2002 : 7.5 sacks seulement, mais un joueur qui s’impose comme le leader défensif absolu dans les vestiaires et sur le terrain. Dernière preuve de son style de jeu, Sapp était surnommé le “QB Killa”, et cela lui va comme un gant.

Doug Atkins – DE – #83/81 – Browns, Bears, Saints

17 ans de carrière mais des statistiques non disponibles

Avec ses 2,04 mètres et ses 130 Kg, combinée à une agilité stupéfiante, le Hall of Famer a intimidé ses adversaires pendant 17 longues années. Des Quarterbacks qu’il mettait sans arrêt sous pression grâce à ses qualités d’ancien sauteur en hauteur qui lui donnaient la possibilité de sauter par dessus un Lineman qui aurait commis l’imprudence de se baisser un peu trop.

Gino Marchetti – DE/DT – #75/89 – Dallas Texans/Colts

11 fois Pro Bowler en quatorze saisons, mais des statistiques non disponibles

Gino Marchetti était un Run Stopper qui savait aussi mettre toute sa science du jeu, et ses mauvais tours, au service du Pass Rush. Il restera dans l’esprit de tous le prototype du “Warrior” qui refusait de baisser pavillon et qui se battait jusqu’au bout pour aller chercher un sack supplémentaire.

Celui qui a le plus de chances d’y figurer un jour :

Jared Allen – DE – #69 – Chiefs, Vikings

70 sacks en 6 saisons – 15.5 sacks en 2007

“Rodéo” (son surnom officiel) sait se transformer tous les dimanche en “Space Cowboy”. Son implication est totale, et son rendement est de plus en plus intéressant, a fortiori depuis qu’il a rejoint les Vikings et sa puissante défense. S’il continue à dominer ses adversaires de la sorte et qu’il sait éviter les blessures, Jared Allen devrait pouvoir atteindre un total d’au moins 120 sacks, 150 en cas de carrière longue. Et s’il reste aux vikings, il y a de grandes chances qu’il puisse y remporter au moins un titre dans un avenir très proche…

Cela faisait un petit moment que nous ne nous étions pas penchés sur une franchise de la NFL. Faisons cette fois un petit tour en AFC East, pour nous intéresser à une franchise mythique, qui a su traverser les époques en brillant et en conservant un très grand nombre de fans, les Miami Dolphins. Même si les Dolphins font un peu moins parler d’eux ces deniers temps, voyons ce que le passé a su offrir à tous les supporters floridiens…

D’ou vient le nom de l’équipe ?

Un concours fut organisé en 1965 auprès des fans pour trouver un nom à cette expansion team de la défunte AFL. Au total, 19 843 votants proposèrent plus de 100 appellations différentes. Si le nom de “Dolphins” revint le plus souvent (622 fois), une douzaine d’autres furent également retenus et proposés aux dirigeants du club ainsi qu’à un comité local constitué de sept personnes. Parmi les propositions soumises, certaines étaient plus en rapport avec la Floride (Mariners, Sharks, Suns), d’autres plus audacieuses (Marauders), et certaines totalement farfelues (Mustangs, Missiles, Moons)… Au final, ce sera les “Dolphins”. Joe Robbie, propriétaire de la franchise à l’époque, dira beaucoup aimer le nom de son équipe, car “le dauphin est l’une des créatures les plus rapides et les plus brillantes de la mer…“. Certes… Avec un peu de recul, on peut tout de même regretter que le nom de “Sharks” n’ait pas été retenu, il aurait apporté un peu de mordant à la ligue…

L’évolution du logo :

Le logo n’a jamais changé sur le fond, même s’il a subi, comme tous les logos NFL, des changements et des modifications censées le rendre plus attrayant et un peu plus jeune. Notre Dauphin a donc commencé par changer de couleur, délaissant un vert passé et l’orange trop soutenu de son soleil, pour arborer des couleurs un peu plus “flashy” et surtout moins vieillottes. Par la suite, c’est l’attitude de notre cétacé qui évolue : son allure est plus déliée, plus fraîche, et son saut semble beaucoup plus volontaire. Quant à son casque, il est plus récent et paraît beaucoup mieux vissé sur sa tête. Mais ce qui le change encore plus et l’améliore grandement, c’est l’apparition d’un œil, au sourcil froncé, qui souligne la vaillance de la bête à défaut d’accentuer sa férocité. Il faut tout de même avouer que ce nouveau logo est beaucoup mieux que l’ancien, qui même regardé avec les yeux du fan, semblait un brin bâclé…

La particularité de la franchise :

Si les Dolphins restent à ce jour la seule franchise à avoir réussi une saison parfaite en 1972 (cf plus bas dans l’article), et à avoir regagné le titre la saison d’après, l’équipe a une autre particularité : celle de voir chaque année une réunion d’anciens joueurs qui célèbrent l’exploit de rester les seuls à avoir réalisé la “perfect season”. Ainsi, dès que toutes les équipes ont perdu un match de saison régulière, les anciennes gloires se regroupent et s’envoient quelques pintes pour fêter cela… Seule frayeur en 2007, saison durant laquelle ils ont du attendre le Super Bowl pour trinquer, les Patriots étant en passe de les rejoindre… Bob Griese et les siens doivent encore remercier les Giants !

Le joueur emblématique :

Dan Marino, sans l’ombre d’une hésitation. Durant une carrière longue de 16 ans, le Quarterback Hall of famer aura aidé à forger une identité encore plus forte à la franchise et à la faire entrer dans une nouvelle ère. Malheureusement, il n’a jamais réussi à lui faire remporter un titre qui semblait pourtant lui tendre les bras. Son parcours est malgré tout superbe… Marino fait partie de la draft la plus relevée de l’histoire, celle de 1983, avec pas moins de 6 QB’s retenus au premier tour. Il est le dernier de ces QB’s à être choisi, en 27ème position, derrière des stratèges comme John Elway ou Jim Kelly, et après le RB Eric Dickerson. Les Steelers, qui étaient pressentis pour faire de Marino le successeur de Terry Bradshaw (leur profil était similaire), décident de faire l’impasse sur le QB de l’Université de Pittsburgh, préférant reconstruire leur ligne défensive. Ils choisissent donc le DT Gabriel Rivera, qui sera malheureusement paralysé quelques semaines plus tard après un accident de la route provoqué par un état d’ébriété avancée, après n’avoir joué que 6 matchs pour 2 sacks. Mais, au-delà de cette sombre anecdote, les Steelers vont rapidement se rendre compte de leur erreur… En effet Marino prend la direction de son équipe en Week 6, après avoir rongé son frein sur le banc de Miami pendant quelques matchs. Il se met alors à flamber et devient même le premier QB rookie a disputer un Pro-Bowl. Il deviendra l’un des Quarterbacks les plus prolifiques de sa génération, et l’un des plus beaux à voir évoluer grâce à la puissance de son bras et sa release ultra-rapide. Il s’empare d’un nombre de records impressionnants dès sa deuxième saison, pendant laquelle il lance 48 TD’s pour 5 084 yards, chiffres qui le conduisent au titre de MVP. Il emmène cette année là l’équipe au Superbowl (XIX) contre les Niners de Montana.

Malheureusement, le coach Don Shula met toute la pression sur lui en n’appelant seulement que 8 handoffs sur l’ensemble du match, souhaitant vivre uniquement par la passe. Mais ils vont mourir par la passe… Marino finit le match avec 29 passes complétées sur 50 pour 318 yards, 1 TD et une interception, pour une défaite 38-16. Même s’il réussit à emmener son équipe 10 fois en playoffs sur 17 qualifications possibles, il ne manquera qu’une chose à son palmarès : un titre. A sa décharge, il faut dire que la concurrence de l’époque était rude, avec entre autres les Niners et les Bills… Il faut noter que Marino a effectué toute sa carrière aux Dolphins, et qu’il aura du payer de sa personne et subir une grosse blessure en 1993 avec une ruture du tendon d’achille (“I felt like I’d been shot“). Il reviendra en 1994, certes avec une chaussure de protection, mais toujours capable du meilleur, comme par exemple le fake spike mémorable lors du match contre les Jets, “The clock play”.  Après avoir été libéré par Miami, le QB a d’autres offres : Minnesota, Tampa Bay ou Pittsburgh. Même s’il a été tenté par les Vikings, il refusera toutes les propositions, trop heureux d’avoir pu faire toute sa carrière aux Dolphins… Un certain Brett Favre aura lui pris une décision inverse. D’ailleurs, lorsque l’on parle de Brett Favre, on ne peut que repenser au coup de colère de Marino, prototype du leader au caractère bien trempé, à l’instant où Brett Favre lui prend son record de TD’s lancés en carrière… Un coup de poing sur la table aussi terrible que surprenant… mais après tout, on est winner ou on ne l’est pas ! Pour finir, ses stats en carrière : 421 TD’s pour 61 361 yards et un rating de 86.4, 9 Pro Bowls, et le record de “fourth quarter comeback” avec 36 retours. Son numéro mythique, le 13, a bien entendu été retiré, et porte chance à ses chers Dolphins saison après saison.

Le match marquant :

Beaucoup de matchs ont marqué la franchise à des époques différentes, mais jamais aucun n’a eu la saveur particulière du Super Bowl VII. Ce 14 janvier 1972 voit en effet les Dolphins remporter le dernier match d’une saison parfaite. Undefeated ! Les Fins’ sont encore à ce jour la seule équipe à avoir réussi pareille performance, à savoir remporter les 17 matchs de l’année pour en faire une saison d’anthologie (Seuls les Patriots auraient pu faire encore mieux en 2007, mais le 19ème match, le Superbowl, s’est avéré fatal…). Lors de ce SB VII, Miami vient à bout des Washington Redskins de Billy Kilmer avec un tout petit score de 14 à 7. Les Dolphs’ ont été conduits à la victoire par deux joueurs emblématiques de la franchise, le QB Bob Griese et le FB Larry Csonka, ainsi que par le DB Jake Scott, qui réalise deux interceptions pour 63 yards et est élu MVP de ce Super Bowl. A noter que la “No-Name Defense” de cette époque là, surnommée ainsi par manque de mise en valeur, était l’une des plus impressionnantes de l’histoire et qu’elle reste encore très méconnue à ce jour…

La mascotte :

Elle s’appelle T.D, et a été officiellement consacrée le 18 avril 1997 lors de la draft. Son nom vient du concours “Name the Mascot”, qui a vu 13 000 personnes proposer pas moins de 529 noms à travers le monde (50 Etats des USA et 22 Pays) ! Côté apparence, T.D est une mascotte certes sympathique, mais un peu molle, avec un regard de poisson sur l’étalage. On peut cependant largement lui préférer la deuxième, vue lors d’un Pro Bowl, qui est plus souriante et beaucoup plus marrante, même si, vu son gabarit, elle ne peut jouer que Nose Tackle… Encore mieux, de 1966 à 1968, un vrai dauphin, nageant dans un grand bassin à l’Orange Bowl Stadium, passait au travers d’un cerceau pour célébrer les touchdowns et les Field Goal… La grande classe !

La stat qui tue :

Les Dolphins font leur apparition en NFL en 1966, année de la réunification NFL et AFL. Dès leur premier match, ils rencontrent la terrible équipe des Raiders, et ce sont ces derniers qui donnent le coup d’envoi. Un Kickoff réceptionné par le Runninng Back Joe Auer, qui retourne le cuir dans la End Zone pour le touchdown ! Aucune autre franchise ne peut se targuer d’avoir inscrit un TD pour son premier jeu professionnel. Malheureusement pour eux, les Dolphins perdront ce match 23-14, ainsi que les 4 rencontres suivantes. Leur fiche finale sera de 3-11, et le bilan des quatre premières saisons, toutes négatives, sera de 15 victoires, 39 défaites et 2 nuls. Des débuts tonitruants en un sens donc, mais très difficiles sous d’autres aspects…

Le plus gros bust :

L’Offensive Tackle Billy Milner s’est illustré aux Dolphins dans cette catégorie. En 1995, il est choisi par la franchise au premier tour de la draft, en 25ème position, pour consolider la O-line et protéger le plus fragile Dan Marino durant ses dernières années. Lors de sa saison rookie, il démarre 9 matchs… et est tradé dès le début de la saison suivante aux Rams après avoir été jugé indigne de jouer en NFL, et totalement incapable de se développer un jour. Les Rams ne le garderont également qu’une saison… Après ces deux échecs, et se rendant compte de son incompétence, Milner préférera mettre un terme à sa carrière. A noter que bien que ne jouant pas du tout à la même position, le Linebacker Derrick Brooks était encore disponible, et il se serait certainement avéré être un bien meilleur investissement.

Billy Milner, le paria...

L’anecdote à connaitre pour briller en société :

Il existe plusieurs défenses célèbres auxquelles on a donné des noms plus ou moins impressionnants : The Steel Curtain, “The New York Sack Exchange” etc… Pourtant, aucune n’aura eu la particularité de celle des Dolphins des années 80, “The Killer B’s”. Non seulement, cette défense intraitable était redoutée de toute la ligue – elle a d’ailleurs disputé deux Super Bowl (1982 et 1984) -, mais elle était constituée de joueurs dont les noms commençaient tous par un B ! Bob Baumhower, Bill Barnett, Lyle Blackwood, Kim Bokamper, Glenn Blackwood, Charles Bowser, Doug Betters et Bob Brudzinski. A noter que ces joueurs, même s’ils n’étaient pas tous titulaires, évoluaient dans les trois lignes et à des postes complémentaires, et qu’ils pouvaient donc se retrouver ensemble sur le terrain.

L’objet qu’il vous faut impérativement :

Le jersey collector signé par l'équipe !

A l’inverse, vous pouvez faire l’impasse sur…

La pendule un peu kitsch... ou alors dans les toilettes !

Pour finir, notons que les Dolphins ont toujours fait parler d’eux, et gageons qu’ils reviendront très bientôt sur le devant de la scène. Et si ce n’est pas le cas, cela vaudra toujours le coup de jeter un œil sur leurs matchs et  leur fameuse Wildcat. Quand on disait que cette franchise a toujours su se démarquer !

You do everything you can to prepare yourself. But this can happen…

Le football est un sport de contact, ce n’est une révélation pour personne. Certains le voient comme un sport d’hommes, d’autres comme un sport violent. Au milieu de tout ça, les joueurs ne disent rien, ou pas grand chose. Ils aiment ce jeu, font leur job, et en connaissent les risques, même si parfois la vérité est vraiment très difficile à accepter. Retour sur l’un des moments les plus terribles de ces vingt dernières années, l’accident de Mike Utley. N’y voyez là aucun voyeurisme mal placé, ni aucun sensationnel, mais plutôt un hommage…

Mike Utley était un joueur de football prometteur, titulaire dès son arrivée en tant que rookie aux Detroit Lions, évoluant depuis deux ans comme offensive lineman, Right Guard pour être plus précis. Un poste que l’on croit moins exposé aux blessures. Une erreur de taille… Le 17 Novembre 1991, les Lions reçoivent les Los Angeles Rams, match capital pour la suite de leur saison. En effet, après des débuts catastrophiques et une défaite 45-0 en Week 1 contre les Redskins, les Lions ont repris du poil de la bête et sont sur la voie des playoffs. Malheureusement, il ne sera pas question de joie lors de ce match…

En effet, en tout début de quatrième quart-temps, sur une action basique, répétée maintes fois à l’entraînement, Mike Utley est concentré sur ses assignations de blocage afin de laisser le maximum de temps à son QB pour lancer. Son travail est de bloquer le Defensive Tackle David Rocker. Utley tente donc de contenir l’assaut de son vis-à-vis, mais il est tout à coup déséquilibré et projeté sur le sol, le heurtant violemment avec son dos et sa tête. Le numéro 60 est sonné, immobile. Le staff de Detroit se précipite pour voir de quoi il souffre et décide très vite de le transporter précautionneusement hors du terrain. Les joueurs des deux équipes semblent se douter que la blessure est sérieuse, et la tension est palpable. A ce moment, Utley, qui doit sentir le stress de ses coéquipiers et de tous les fans de Detroit, lève les deux pouces – le fameux “Thumbs up” – afin de les rassurer sur sa santé. Un geste qui rassure et qui pousse ses coéquipiers à continuer la lutte. Pourtant, un drame est bel et bien en train de se nouer au Silverdome, Utley avouera lui-même plus tard : “Je savais que c’était grave…

Grave… La NFL voit de sérieuses blessures chaque saison, mais celle-ci est terrible. Ce que Mike Utley juge “grave” est surtout une blessure qui va changer la suite de sa vie, ainsi que son destin de sportif, et d’homme. Il a en effet trois vertèbres fracturées, dont la sixième et la septième. Des fractures gravissimes qui sont synonymes pour lui de paralysie à partir de la ceinture jusqu’aux orteils. Un médecin dira même qu’Utley s’en sort plutôt bien, puisque l’emplacement de sa blessure était théoriquement synonyme de tétraplégie…

Les gens me demandent souvent si je me souviens de l’action, ou si je la revis fréquemment… Ce que je peux dire, c’est que j’étais concentré sur mon match et que nous nous sentions plus forts qu’eux. Mon Right Tackle faisait son boulot, mais je me suis retrouvé en lutte, et c’était très physique, 100 % testostérone. Puis l’adversaire m’a attrapé et m’a jeté au sol. Il a fait ce que nous devions faire tous les deux, et j’aurais fait la même chose. J’ai ressenti comme un éclair dans la tête, qui s’est répandu dans tout mon corps, et j’ai eu l’impression que mon cœur s’arrêtait. La blessure s’est avérée grave. C’est tout. Même si j’aurais préféré que ce soit moins grave… Le meilleur moyen de gérer cette blessure a encore été de l’accepter au plus vite. Je n’ai pas pleuré, et je ne me suis pas apitoyé, je n’ai pas eu le temps pour cela.

Utley passera en tout 18 jours dans une unité de soins intensifs, durant lesquels il développera deux caillots de sang, puis sera transféré dans un hôpital de Denver, spécialisé dans les blessures de la moelle épinière. Des semaines très difficiles vont suivre pour lui, avec, malgré la force qui l’anime, d’obligatoires moments de désespoir. Mais Utley va reprendre goût à la vie pendant le week-end du SB XXVI Redskins Vs Bills. “Je voulais quelque chose à boire et il n’y en avait pas à l’hôpital.” Utley dira avoir quitté son lit pour se mettre seul dans son fauteuil roulant, grâce au haut de son corps encore très développé, et avoir traversé quatre blocks, habillé en short et T-shirt, dans le froid du Colorado. Il a finalement pu s’acheter la canette de bière bien fraîche tant désirée, et est rentré regarder le Superbowl, qui sera gagné 37-24 par Mark Rypien et les siens…

L’ogre Redskins, véritable bête noire des Lions, qui venaient d’ailleurs juste de se débarrasser l’équipe de Détroit, emmenée par Barry Sanders, 41-10 en finale de conférence. L’accident du guard donna un supplément d’âme aux Lions cette année là, puisqu’ils joueront leur fin de saison pour Utley, pensant à lui à chaque instant. Son coéquipier, le Linebacker Chris Spielman dira : “He was the force behind us. The better way to honor Mike and honor ourselves by going out and playing hard. That’s what we did“.

Utley gardera une image de sportif dur au mal, travailleur et persévérant. A ce jour, il espère remarcher un jour et s’entraîne tous les jours pour y arriver, suant sang et eau dans une salle de sport. “Je me bats pour ça !“. C’est surement cela être un champion !

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