Certains défenseurs qui ont pris « le bus » en pleine poitrine s’en souviennent encore…Brian Urlacher, Ray Lewis, Mike Vrabel, les linebackers les plus coriaces se seront tous fait marcher dessus par le numéro 36. Une multitude de petites blessures mentales infligées match après match par un joueur atypique, qui restera comme l’un des tailbacks les plus lourds de l’histoire.
The Bus, running back au profil de mammouth (1,80 m, 110 kg), décrit comme adorant sa mère (il avait fréquemment un mot pour elle pendant les matchs) et abusant des Cheesy Poofs, qui courait droit devant lui, sans tenter trop de feinte, se sachant très difficile à mettre au sol. Comme un sanglier, il baissait la tête et fonçait jusqu’à ce qu’il ne puisse plus avancer. Une puissance terrible alliée à un footwork impressionnant auront fait les beaux jours des Rams, puis des Steelers. C’est d’ailleurs à Pittsburgh que le coach Cowher lui donnera le surnom de « The closer », car Bettis savait aussi manger la montre comme personne, de petits gains en petits gains, en revenant toujours à la charge sur des « dive » répétitifs.
Ce natif de Detroit finira par gagner le Superbowl dans sa ville natale. Le Superbowl XL bien sûr, sorte de clin d’oeil du destin à son gabarit et à son talent. Un titre en grande partie du à Ben Roethlisberger, qui a su promettre à Bettis de l’emmener au SB avant le commencement de la saison, et qui a aussi réussi la cuillère magique contre les Colts en Divisional Playoffs, rattrapant au passage la bévue (seul fumble de la saison pourtant…) du bus.
Au final, 13 saisons à faire cauchemarder les défenseurs ! 15 111 yards au total pour 94 TD en 192 matchs, quelques TD’s à la passe, un titre de rookie of the year, six participations au Pro-Bowl, un maillot qui ne devrait pas tarder à être retiré, et une entrée au Hall of Fame annoncée.
Pour la petite histoire :
Bettis aura également réussi à faire changer une règle NFL en 1998…Un jour de Thanksgiving, durant un match contre les Lions qui va jusqu’en overtime, Bettis est envoyé pour faire le coin toss. Pendant que la pièce est en l’air, il annonce « pile ». L’arbitre, certainement bouché à l’émeri (on n’ose s’imaginer autre chose…) comprend « face » et donne la balle à Detroit qui s’en va remporter le match. Après la rencontre, la NFL imposera que le joueur annonce son choix avant, et non plus pendant le lancer de la pièce, avec aux moins deux arbitres pour prendre note du choix du joueur…The “Jerome Bettis Rule” était née. A noter que cette erreur d’arbitrage sera classée comme septième pire erreur de tous les temps par les journalistes d’ESPN…
Ses héritiers actuels :
Pas grand-monde…Brandon Jacobs (N.Y Giants) et Frank Gore (S.F 49ers) peuvent parfois avoir un style approchant.
Son portrait Chinois NFL en dix questions :
S’il était un film : Speed, avec Keanu Reeves
S’il était un bruit : le bruit d’un corps qui tombe
S’il était un végétal : une carotte. Bien plantée dans la terre, mais qui rend aimable…
S’il était un véhicule : un gros « school bus » Américain


