Après les Seattle Seahawks, nous nous intéressons cette fois à une autre expansion team née en 1976, les Tampa Bay Buccaneers. Une équipe, vous allez pouvoir le constater, qui a bien souvent fait parler d’elle pour son inefficacité, mais qui a pourtant su relever la tête au fil des saisons pour devenir très compétitive… voire redoutée. Montez donc dans le bateau pirate, nous partons à l’abordage !
D’ou vient le nom de l’équipe ?
Un conseil consultatif examina à peu près 400 noms différents, tous proposés par le biais d’un jeu-concours organisé par une radio de la ville un mois après l’annonce de la création de la franchise. C’est le nom de Buccaneers qui est retenu devant deux autres sérieuses propositions : les Buzzards et les Sea Horses. A noter que d’autres noms aussi significatifs qu’étranges ont été proposés, comme par exemple celui de “Mafia”. Quand on lit ce dernier nickname, on se dit que l’on a tout de même échappé au pire… La Tampa Bay Mafia, je ne suis pas certain qu’un tel nom aurait pu plaire au commissionnaire…
L’évolution du logo :
De 1976 à 1996, c’est “Bucco Bruce” qui représente la franchise. Un pirate moustachu, orné d’un immense chapeau à plume, ça commence très mal pour intimider les adversaires. Il ne manquait plus qu’un clin d’oeil malicieux pour transformer notre boucanier en véritable chochotte ! Heureusement pour lui, il se rattrape en serrant fermement un poignard entre ses dents, mais tout cela est loin d’être impressionnant. En 1997, Bruce cède sa place, et c’est un simple drapeau pirate qui orne dorénavant les jerseys d’une équipe en reconstruction et en mal de reconnaissance. Le logo est plus accrocheur et d’aspect plus redoutable que notre boucanier. Les bucs ont également un logo alternatif, un bateau pirate orné de leur fameuse tête de mort. A n’en pas douter, ces deux derniers ont avantageusement remplacé l’ancien.
La particularité de la franchise :
Il aura fallu 32 ans… 32 ans d’attente pour voir enfin un joueur des Bucs retourner un kickoff pour le TD ! Et c’est Michael Spurlock qui entre donc dans l’histoire de la franchise le 16 décembre 2007 en devenant donc le premier joueur de la franchise à réaliser une telle action durant un match de saison régulière. Un retour de 90 yards contre les Falcons d’Atlanta, auquel seule la rareté donne valeur d’exploit. C’est d’ailleurs la seule chose que l’on retiendra de Spurlock sous le maillot des Bucs puisqu’il a été coupé par la franchise avant le début de la saison suivante.
Le joueur emblématique :
Cette fois, ce n’est pas un joueur en particulier qui sort du lot, plutôt un duo, qui a su faire évoluer une franchise encore jeune et lui apporter un titre. Warren Sapp et Mike Alstott.
Alstott, puissant running back au profil de fullback, a tout donné aux Bucs pendant 12 ans. 6 fois pro bowler et vainqueur du SB XXXVII, “The A-Train” est l’un des backs les plus puissants à avoir évolué en NFL. Alstott était loin d’être un elusive back puisqu’il chargeait droit devant lui, marchait sur les défenseurs et résistait aux plaquages de manière surprenante. A l’image de Priest Holmes (Ravens, Chiefs), Alstoott était plus utilisé comme running back que comme bloqueur. Il reste à ce jour le leader des Bucs en points et en TD’s marqués (76), et le premier Buc de l’histoire à avoir inscrit un touchdown lors d’un Super Bowl. A noter qu’il n’était pas prédestiné à être une star au sein de la franchise, puisqu’il évolua deux matchs avec une coquille sur son maillot… En effet, c’est le nom “Alsott” qui était floqué dans son dos !
Son pendant en défense, c’est le Defensive Tackle Warren Sapp. Neuf ans aux Bucs, et 7 pro-bowls. Le SB XXXVII également, comme son compère. Sapp avait lui aussi un profil atypique puisqu’il est l’un des DT ayant réussi le plus de sacks dans sa carrière avec 96.5. Le “QB Killa” en aura réussi 77 avec les Bucs, dont au 1 SB, accompagné d’un forced fumble. Sapp avait cependant une image très controversée de par son “hard-hitting style” et ses accès de colère qui se terminaient bien souvent par des insultes, que ce soit sur ou en-dehors du terrain. Au-delà de sa réputation sulfureuse, il restera le DT ayant couru le 40 yards dash en 4.69 secondes. Ses plus belles saisons resteront celles de 1996 (51 plaquages et 9 sacks) et de 1997 (58 plaquages et 10.5 sacks).
Plus que ces deux joueurs, c’est tout de même toute une équipe qui aura su faire renaître la franchise, puisque de grands noms figuraient également aux côtés des deux leaders. Entres autres, Ronde Barber (RCB), Derrick Brooks (LOLB), Brad Johnson (QB), Jonh Lynch (SS), Shelton Quarles (MLB), Simeon Rice (RE), et bien sûr le coach John Gruden.
Le match marquant :
On aurait pu parler de la victoire contre les Saints au cours de l’année 1976 (lire ci-après)… Mais le match marquant ne peut bien sûr qu’être le Super Bowl XXXVII qui les opposait aux Raiders. Les Bucs parachèvent une grosse saison (12-4) avec des playoffs maîtrisés. Ce match est avant tout marqué par la défense agressive de Tampa et la pression infligée au QB Rich Gannon, le tout orchestré de main de maître par le coach John Gruden, ce même coach qui a aidé la saison précédente à la reconstruction des…Oakland Raiders ! Et oui, la clé du match est certainement là, coach Gruden connaissait le Gameplan de ses adversaires par coeur, et il ne leur à fait aucun cadeau. Outre le gros score (48-21), les statistiques sont elles aussi édifiantes : le quarterback Rich Gannon, pourtant MVP de la ligue, est mis sous l’éteignoir avec 24/44 pour 272 yards, 2 TD, mais surtout 5 interceptions (les Bucs compilent 5 sacks et 1 forced fumble), le monstrueux WR Jerry Rice est cantonné à 5 catches pour 77 yards et 1 TD. A l’inverse des Silver and Black, la O-Line de Tampa tient le coup, n’autorise aucun sack et installe Brad Johnson dans un fauteuil pour conduire ses drives. La différence était définitivement trop grande ! Pas une différence de talent, car les Raiders n’en étaient pas dépourvus, mais une différence de gestion et de maîtrise. Coach Gruden y est certainement pour beaucoup…
La mascotte :
Le pirate barbu et souriant est toujours là pour célébrer les TD’s d’un coup d’épée dans l’air ! Le seul changement connu de cette mascotte réside dans son nom, puisqu’il a a priori commencé sa carrière en s’appelant “Skully”, et qu’il répond désormais au doux nom de “Captain Fear”. Sa fameuse frégate pirate trône juste sous le panneau d’affichage, dispersant sa fumée et lançant des coups de canon dès que l’équipe marque. “Buccaneer Cove”, c’est son nom, accueille même comme passagers les meilleurs supporters, et leur permet en plus de se restaurer tout en regardant le match. Un privilège rare, qui témoigne encore un peu plus de l’extravagance des Buccaneers en matière de show.
La stat qui tue :
Et c’est bien entendu la fameuse “losing streak” d’anthologie dont il est question ici. Un record imbattable, dont les Bucs se seraient certainement bien passés, mais qui a tout de même contribué à faire connaître l’équipe de l’Amérique entière. Petit rappel : En 1976, Tampa Bay découvre donc la NFL de la meilleure des façons en battant les Falcons 17-3 en pre-season. La saison débute donc avec quelques espoirs de fiche positive, mais les choses ne se passent absolument pas comme prévu, puisqu’ils perdent tous les matchs de leur première saison (AFC West) ! Et le nombre de défaites ne s’arrête pas là puisque les Bucs en enchaînent 12 autres au cours de la saison 1977 (NFC Central). Cela fait donc un total de 26 défaites d’affilée !!! Ils sont, à ce moment là, la risée de l’Amérique et des show télé… Ils remportent donc leur premier match NFL à la treizième semaine de leur deuxième saison, en allant battre sur leurs terres,33-14, les faibles New Orleans Saints (3-11 à la fin de la saison). Hank Stram, le coach des Saints, est d’ailleurs licencié le lendemain pour avoir fait subir un tel affront à sa franchise ! Pourtant, dès la semaine suivante, les Bucs, enfin libérés, gagnent cette fois à domicile contre les Saint Louis Cardinals 17-7… dont le coach Don Coryell fera également ses valises tout de suite après malgré une saison à 7-7 ! Il est vrai que tout au long de cette série mythique, l’attaque des Buccaneers emmenée par le QB Steve Spurrier était d’une rare indigence, avec 11 matchs en tout durant lesquels ils ne marqueront pas le moindre point… Au début des années 80, après une légère embellie, les Buccaneers retombent dans leurs travers et enchaînent 14 saisons négatives… Pas toujours facile de grandir en NFL !
Le plus gros bust :
Il s’agit sans aucun doute de Booker Reese. Le Defensive End est sélectionné au second tour de la draft 1982 par les Buccaneers qui pensent réaliser une excellente opération. Reese aurait d’ailleurs du être choisi au premier tour, mais une erreur de communication les amena à drafter un autre joueur, Sean Farrell. Persuadés du talent du lineman, les Bucs ont offert aux Chicago Bears un futur 1st round pick de la draft 1983 pour s’assurer ses services.
Lorsque l’on sait que la Draft de 1983 reste à ce jour l’une des plus relevées, avec des noms tels que John Elway (QB), Eric Dickerson (RB), Dan Marino (QB), Jim Kelly (QB) ou encore Darell Green (CB), on se dit que les Bucs se sont précipités en offrant leur ticket. D’autant plus que Reese (choisi devant l’”énorme” Linebacker Andre Tippett), malgré un talent indéniable, s’avèrera être un terrible gâchis, n’arrivant pas à s’adapter au jeu NFL et à ses schémas plus compliqués. Des problèmes qui l’amèneront à consommer alcool et cocaïne, et à ne passer que deux saisons avec les Bucs. Sa meilleure saison restera celle de 1983 où il débute les seize matchs, réalisant un sack et deux interceptions. Très léger par rapport à ce qu’il aura coûté à l’équipe… En effet, avec le fameux ticket, les Bears s’offriront le WR aux mains d’or Willie Gault.
L’anecdote à connaitre pour briller en société :
Autre anecdote plus légère, Matt Bryant a réussi le deuxième field-goal le plus long de l’histoire : 62 yards. C’était en 2006 contre les Eagles, et c’était un game-winning field goal !
Enfin, si vous voulez quitter le côté sportif, vous pouvez toujours dire que la cheerleading squad créée par les Bucs dès leur première saison s’appelait “The Swash-Buc-Lers”. En 1999, elle a été renommée et porte un nom beaucoup moins original : “The Tampa Bay Buccaneers Cheerleaders.”
L’objet qu’il vous faut impérativement :
A l’inverse, vous pouvez faire l’impasse sur…
Une équipe qui fait aujourd’hui partie intégrante du paysage de la NFL et qui a réussi à atteindre son but ultime… Inspirer la peur !















