Pour ce premier duel concernant des Running Back, il nous fallait sans aucun doute taper dans le haut du panier. Chose plus que réussie, avec un affrontement qui risque de faire des étincelles entre le charismatique Eric Dickerson, le RB le plus marquant des années 80, et Adrian Peterson, coureur qui risque fort de laisser une profonde empreinte dans les années 2010. Certains doivent penser que Dickerson sortira forcément vainqueur de ce matchup en raison de ses états de service impeccables, mais les projections de A.P sont elles aussi impressionnantes. Un duel au couteau entre deux anciens “Rookie Of The Year” qui vaut donc le coup d’oeil, et dont le résultat risque d’être surprenant…
Adrian Peterson / Vikings / 2007 – aujourd’hui / Running Back
Vs
Eric Dickerson / Rams, Colts, Raiders, Falcons / 1983 – 1993 / Running Back
Body : 1,91 m et 100 Kg pour Dickerson contre 1,85 m et 98 Kg pour Peterson. Deux athlètes avec de la taille, à tel point que Dickerson paraît presque trop grand pour évoluer à sa position. Les mensurations de A.P collent parfaitement aux “normes” NFL (même si lui aussi à un ou deux centimètres en trop) et lui procure donc un centre de gravité plus bas, ce qui lui donne l’avantage. Avantage Peterson.
Speed/Acceleration : Une pointe de vitesse époustouflante et pour Dickerson, et pour Peterson. Les deux hommes se valent donc en vitesse de course, mais lorsque l’on regarde les images, Peterson semble avoir quelque chose de plus, un coup de rein indéfinissable qui lui donne un léger avantage dans son accélération. Quand il met la gomme, personne ne peut le rattraper, et il peut échapper à n’importe quel Cornerback mort de faim. Avantage Peterson.
Agility/Jumping : Là encore, c’est Peterson qui remporte ce mini duel. Non pas qu’il domine outrageusement en la matière, car les deux joueurs sont terriblement athlétiques, mais il est un peu plus explosif et gracile. Un “plus” sans doute du à un gabarit beaucoup plus “maniable” que son adversaire. Avantage Peterson.
Elusiveness/Moves : Dickerson semblait “facile”, et son style tout en fluidité en faisait le cauchemar de tous les défenseurs. Mais force est de constater que A.P n’a strictement rien à envier à son aîné. Lui aussi sait transpercer les défenses sans forcer, faisant montre d’une remarquable maestria pour éviter les défenseurs et s’engouffrer dans les brèches après un spin move ravageur ou un cutback de folie. Si l’on ajoute à cela qu’il sait faire preuve d’une certaine forme de grâce qui semble le faire voler… Egalité.
Break Tackle/Strength : “This Man is a Beast !“. Voilà l’exclamation poussée par un commentateur après que Peterson ait envoyé un Linebacker au tapis. Il faut dire qu’il était entré en collision avec lui tel un bison. Son physique ne laisse rien transparaître, mais Peterson est un monstre, très puissant et très fort, très difficile à faire tomber. Cependant, il lui est toujours très difficile de rivaliser avec Dickerson, dont la puissance pouvait à l’occasion le faire passer pour un Fullback. Avantage Dickerson.
Awareness/Vision : Les deux backs n’ont pas leur pareil pour s’engouffrer dans les couloirs créés par leur O-Line et compiler les Yards. Cependant, ils savent aussi improviser et “Make The Play” par leurs propres moyens, toujours conscients de la position et des déplacements des défenseurs sur le terrain. Leur vision, leur anticipation, et leur habilité à faire ce qu’il faut au moment où il faut est tout simplement impressionnante. Certainement deux des meilleurs de tous les temps dans ce secteur. Egalité.
Ball Secure/Fumbles: Le seul véritable point faible de A.P est là car il a une fâcheuse tendance à laisser échapper le ballon. Il en est déjà à 17 fumbles en à peine trois saisons, dont certains ont coûté cher à son équipe. Malheureusement pour lui, Dickerson en commettait encore plus, avec 5 saisons à plus de 10 Fumbles et un total de 78 Fumbles en 146 matchs, soit une moyenne de 1,8… A croire que le pauvre beurrait ses gants ! Des chiffres énormes, pas vraiment dignes d’un RB Hall Of Famer. Peterson semble donc avoir des mains un peu plus sûres que celles de son rival. Avantage Peterson.
Catching : Un compartiment du jeu qui n’est pas le fort de nos deux RB. Peterson a pour l’instant marqué 1 TD en réception, avec des stats de 1,6 réceptions par match pour 15,2 yards. Les chiffres de Dickerson sont légèrement meilleurs : 6 TD’s, 1,9 réception par match pour 14,6 yards. Leur talent ne se situe donc pas dans leurs mains, mais dans leurs jambes. Avantage Dickerson.
Blocking : Deux joueurs physiques, qui savent tous les deux faire preuve de courage et d’à propos pour bloquer de puissants Linebackers quand on le leur demande. Certainement pas la partie du job qu’ils préfèrent, mais un travail dont ils s’acquittent sans rechigner. Avantage tout de même à l’ancien Ram en raison de sa taille. Avantage Dickerson.
Injury : Nous avons affaire à deux solides gaillards, qui n’ont pas raté beaucoup de matchs. Dickerson a néanmoins fini sa carrière usé, avec des problèmes de dos, et Peterson a déjà beaucoup payé de sa personne en Université avec des blessures ennuyeuses à l’épaule et à la cheville. Cependant, depuis son arrivée en NFL, il est parti pour suivre les traces de Dickerson, à savoir rester en bonne santé saison après saison. Egalité.
Overall : Beaucoup de records, 6 Pro Bowl et un numéro 29 retiré (à Saint Louis) pour “Mr Fourth Quarter” Dickerson, et une carrière qui reste encore à faire pour Peterson. Malgré cela, c’est A.P qui remporte ce duel, car il est fort probable que ce dernier remporte un titre très bientôt, chose que n’aura jamais réussi à faire son comparse. Dickerson était certes un fabuleux RB, mais a sans doute été un peu “surcoté” (un mot à prendre avec des pincettes bien entendu…) sans doute à cause de son record (2,105 Rushing Yards en une saison, 1984) et de son look très 80 (il portait des lunettes). En valeur pure, et en restant très basique, Peterson semble plus complet car il arrive à allier vitesse, force, choix judicieux, mais aussi grosses lignes statistiques. Il est donc clair que si les blessures le laissent tranquille et qu’il continue d’évoluer au sein d’une équipe compétitive, Peterson va certainement devenir le joueur le plus emblématique de sa décennie, d’autant qu’on ne l’imagine pas terminer sa carrière sans avoir remporter le titre suprême. C’est donc “Purple Jesus” qui remporte ce face à face. Si l’on précise que Dickerson est considéré comme l’un des “must” à sa position, imaginez un peu ce que l’on prévoit pour Peterson !
Résultat Final : Avantage Peterson.








