Steve McNair est mort. Tué dans son sommeil par une folle dans le Downtown Nashville. Deux balles de 9 mm dans la tête et deux autres dans le corps. Pour tous les amoureux de la NFL et du beau jeu, cette nouvelle a été très dure à digérer. Après le choc, à froid et à tête reposée, il est temps de rendre hommage à l’un des joueurs les plus racés des années 90. Un joueur immortel nommé Steve “Air” McNair.
Steve McNair était avant tout un athlète. Tout jeune, il joue au football, au baseball, et au basketball. Bon prospect en baseball, il sera drafté par les Seattle Mariners lors d’une MLB amateur draft. Il pratique également beaucoup le football, sport dans lequel il s’illustre au poste de Free Safety en High School, interceptant 15 passes en 1990 pour un total de 30, jouant même Defensive End au besoin. Mais ne nous y trompons pas, McNair est bel et bien un Quarterback, et n’aspire à jouer qu’à cette position. Un QB tellement prometteur qu’il remporte le Walter Payton Award en 1994, et que plusieurs franchises attendent de pied ferme pour booster un peu leur attaque. Car McNair est un bon passeur, capable également d’actions de grande classe avec ses jambes. Il pulvérise nombre de records durant sa saison senior, prend de plus en plus confiance en lui, et se fait tatouer sur le bras son nom de combat : “Omega Man”…
Ce sont finalement les Houston Oilers, et leur tout nouveau coach Jeff Fisher, qui le draftent en 1995. Il passe deux saisons comme backup de luxe derrière le titulaire de l’époque, Chris Chandler. Mais, en 1997, lors de la première saison jouée dans le Tennessee après le déménagement de la franchise, il devient le starting Quarterback tant attendu. Durant son premier exercice, il compile 2665 yards à la passe, rejoignant Warren Moon dans le cercle des meilleurs passeurs de la franchise, marque 14 TD’s à la passe, ne lance que 13 interceptions (plus bas total de la franchise), et parcourt 674 yards cumulés à la course (3ème performance NFL) en marquant 8 TD’s (leader de son équipe devant Eddie George). Mais la deuxième saison est encore plus aboutie, avec des statistiques superbes : 289/492, 3228 yards, 15 TD’s, 10 interceptions, et un rating de 80.1.
Ces deux premières saisons restent chaotiques collectivement même si elles sont prometteuses (bilan de 8-8 pour chacune). La troisième s’avère beaucoup plus fructueuse. Les Oilers, devenus Titans, arrivent dans un premier temps à décrocher leur ticket pour les playoffs avec une fiche de 13-3, puis dans un deuxième, à remporter un match de Wild card mémorable, gagnant contre les Bills grâce au “Music City Miracle”. A l’arrivée, les Titans se hissent jusqu’au Super Bowl après deux gros matchs contre les Colts et les Jaguars.
Un Superbowl XXXIV qui restera lui aussi dans les mémoires à bien des égards. Outre “The Tackle”, une défaite 23-16, et l’un des finish les plus fous de l’histoire de la grande ligue, tout le monde gardera en tête les actions de grande classe du QB des Titans. Le dernier drive, qui échouera donc malheureusement au 1 yard adverse, fut mené de main de maître par un Quarterback inspiré et virevoltant, refusant la défaite, en repoussant même l’idée à coup de passes millimétrées. McNair court, saute, recule, change de direction, échappe aux défenseurs pour trouver un receveur démarqué et entretenir l’espoir. Ce jour-là, McNair n’a peut-être pas gagné, mais il a marqué l’Amérique et est entré dans la cour des grands…
Par la suite, les Titans, sous sa houlette, s’installent en NFL comme une équipe talentueuse et intimidante qui fait de bonne saisons, mais qui n’arrive pas à concrétiser lors des playoffs. A la décharge de la franchise, il convient de noter que les défaites subies le sont bien souvent contre des équipes qui disputent le SB, voire qui remportent le titre. A titre personnel, McNair est au sommet de son art, faisant grimper sa ligne statistique chaque saison. 2001 reste sa saison la plus aboutie, avec 3350 yards, 21 TD’s, un rating de 90.2 et une élection au Pro Bowl. Mais sa carrière atteint le sommet en 2003, année à l’issue de laquelle il est nommé co-MVP de la ligue avec un autre QB, Peyton Manning. Malheureusement, une fois encore, les Titans voient leur route barrée par les futurs vainqueurs du SB, les New England Patriots.
McNair quitte les Titans à la fin de la saison 2005, laissant sur les tablettes son nom en tant que Titans all-time leading passer. Il rejoint les Ravens, au début de la saison 2006, et se voit installer au poste de titulaire dès son arrivée. Il débute tous les matchs, rend une fiche d’équipe de 13-3, mais s’incline lors du match de la finale de Division contre les Colts (les futurs vainqueurs encore une fois…), passant totalement à côté de son match : 18/29 pour 173 petits yards, pas de touchdown mais deux interceptions, et une défaite 15-6.
Il revient comme titulaire l’année suivante, mais la motivation semble l’avoir quitté, son corps ne tient plus le choc comme avant, et plusieurs plaquages du LB James Harrison (Steelers) ont raison de son envie et de sa saison. Après 13 années au plus haut niveau, McNair raccroche. Son passage aux Ravens fut bref, mais il aura tout de même eu le temps d’y laisser une trace. En effet, lors de la Week 14 contre les Kansas City Chiefs, il lance la plus longue passe pour TD de la franchise, une bombe de 89 yards pour le WR Mark Clayton. Ses statistiques en carrière sont éloquentes : 31 304 yards avec un pourcentage de complétion de 60.1, 211 TD’s dont 37 à la course, et un rating de 82.8.
Steve McNair n’aura donc malheureusement pas eu le temps de goûter aux joies de la retraite, une déséquilibrée décidant d’arrêter brutalement sa vie. Un épisode qui a laissé tout ceux qui l’ont connu dans l’incompréhension la plus totale, très émus. Le propriétaire des Titans, Bud Adams, dira de lui qu’il fut l’un des plus grands joueurs de sa franchise, mais c’est encore l’ancien TE Ozzie Newsome, GM des Ravens, qui résume le mieux la pensée de tous : “He is one of the best players in the NFL over the last 20 years…“
Steve McNair avait un cœur gros comme ça, et il aimait les femmes. Il en est mort, et nous un peu aussi avec… Une entrée prochaine au Hall Of Fame pourrait peut-être nous rendre un peu de lui…
Ses héritiers actuels :
Celui qui se rapproche le plus de Steve McNair évolue lui aussi aux Titans, et n’est autre que Vince Young, un Quarterback qui aime également s’infiltrer dans les espaces que lui laisse la défense adverse. Il possède à peu près les mêmes caractéristiques et semble capable de pouvoir faire gagner son équipe dans les années à venir. Dans un autre style, celui du playmaker aérien, capable de s’extirper de n’importe quelle situation afin de lancer une passe pour TD, Tony Romo a lui aussi des similitudes avec “Air” McNair.
Son portrait Chinois NFL en dix questions :
S’il était un objet : une montre de luxe qu’on a cassé
S’il était un animal : un coq… Difficile de l’attraper
S’il était un élément : l’air, bien entendu…
S’il était une arme : la persévérance
S’il était un plat : des Chicken Wings sauce barbecue
S’il était un personnage de fiction : le Sergent Elias de Platoon (Oliver Stone)
S’il était un film : “Catch me if you can” de Spielberg ou “L’homme qui aimait les femmes” de Truffaut
S’il était un bruit : la clameur d’un stade
S’il était un végétal : une pâquerette
S’il était un véhicule : une Harley Davidson “Springer Softail”







Trop de respect pour ce mec ! Le jour où il est mort, j’ai cru que j’allais verser une larme. Ce mec était un guerrier et il m’a fait vibrer grâce à des play-offs d’anthologie une ou deux années de suite (une victoire face aux Steelers notamment si je me souviens) . L’action que tu relates au SB AVANT le plaquage décisif résume toute sa carrière : il s’échappe côté droit, s’extirpe avec l’énergie de 2 plaquages et lance une passe pour entretenir l’espoir.
Par contre, je suis dubitatif sur ta phrase :”Durant son premier exercice, il compile 2665 yards à la passe, détrônant Warren Moon comme meilleur passeur de la franchise,”. Heu, j’imagine que tu as vérifié mais Warren Moon et son run & shoot à l’époque ont dû marquer la franchise.
Non, tu as raison, McNair n’a pas battu Warren Moon, qui était un véritable monstre en terme de passing yards (y compris sur sa première saison). Il y a eu soit une erreur, soit une coupe intempestive, mais il fallait lire : Durant son premier exercice, il compile 2665 yards à la passe, détrônant Warren Moon comme meilleur passeur de la franchise (avec 14 TD’s lancés pour une première saison en tant que titulaire). C’est cette statistique de touchdown qui le fait détrôner Warren Moon de manière très anecdotique, et cette stat n’a rien à voir, j’en conviens
J’ai corrigé, et la phrase est déjà plus conforme. Quant à ses passing yards, sa stat est très bonne mais le laisse derrière Moon (il faudra que je fasse un article sur lui d’ailleurs…)
Pareil, en fin d’article, il faut comprendre que McNair est le All-time leading passer des Titans, et non des Oilers, car Moon est une fois de plus devant.
Quoi qu’il en soit, je crois que McNair est un joueur qui laissera beaucoup plus que des chiffres. Un style unique…
Encore une fois …un article impeccable …merci dom
Pas de quoi, c’est toujours un plaisir !