Après plusieurs contributions, dont un article remarqué sur le Running Back Christian Okoye, mon ami Gmen du blog Giants Powerfootball nous fait aujourd’hui une autre offrande de qualité. En effet, notre fan numéro 1 de Big Blue est allé nous déterrer une histoire extraordinaire, concernant non pas son équipe de cœur, mais les plus discrets Falcons d’Atlanta, dont on pourrait pratiquement devenir fan dans la seconde après avoir lu cette histoire. Un article vraiment enthousiasmant, qui comblera tous les amoureux de la D, et qui sonnera comme une révélation pour tous les fans de NFL. Une info décrite par Gmen et à juste titre comme “la plus improbable de l’année”, et qui après lecture, verra tous tous les mordus du Foot U.S se ranger à son avis, et applaudir cette page d’Histoire comme il se doit.
Lorsque l’on évoque les défenses les plus dominantes de l’histoire de la NFL, on pense inévitablement aux Vikings des années 70, aux Steelers de 1976, à la “46″ des Bears de 1985, à l’impressionnant rideau des Giants de 1986, ou encore à l’agressivité des Ravens de 1999. Les Monstres du Midway, le Big Blue Wrecking Crew, le Steel Curtain, les Purple People Eaters… Tous ont laissé leur empreinte dans le grand livre de la NFL, provoquant chacune à leur manière le chaos sur le terrain, la terreur dans les yeux des QB’s adverses, et le respect à vie des fans adeptes du bon “Smash Mouth Football”. Mais quelle est statistiquement, si vous deviez n’en choisir qu’une, la meilleure défense, celle à avoir encaissé le moins de points dans une saison ?
Ne cherchez pas vers la côte Ouest, revenez vers l’Ohio, le Michigan, descendez le long de la côte, passez Big Apple et regardez… vers le sud. Non, vous ne rêvez pas ! La défense à avoir encaissé la plus petite moyenne de points en NFL sur une saison est celle… des Falcons d’Atlanta !
The Grits Blitz Defense (Grits pour les flocons d’avoine, une spécialité du petit déjeuner dans le Sud) du Defensive Coordinator Jerry Glanville, en 1977, celle dont personne ne se rappelle, celle qui n’a jamais remporté de championnat, mais qui pourtant a provoqué cette année là 48 turnovers, n’a encaissé que 4 TD’s à la passe et 5 à la course sur toute la saison, soit un total de 129 points pour une moyenne de 9,2 points par rencontre (sur 14 matchs et non 16 toutefois).
Les 2 matchs de moins pèsent-ils dans la balance en comparaison aux autres franchises qui elles en ont joué 16 ? A vous de vous faire une idée… Les terrifiants Bears (une fiche de 15-1) de 1985 ont encaissé 198 points (12,4 points par match), les Giants de 1986, 236 points (14, 8 / match), et les Ravens de 1999, 277 points (17,3 / match). Seuls les Steelers de 1976 se rapprochent des Falcons avec 138 points encaissés (9 ,9 points par match)… sur un calendrier de 14 rencontres ! La question est donc posée : comment une équipe telle que les Falcons a pu réussir pareil exploit ?
A la fin de la saison 1976, la tradition semble perdurer : les Falcons ne décollent pas des bas-fonds des classements, et les volatiles semblent promis à l’étiquette peu enviable de « Franchise de la honte ». Atlanta, c’est un bilan de 2 saisons victorieuses (égale ou supérieure à 7 victoires) en onze ans. Après une seconde année consécutive à 4-10, rien ne semble troubler le climat de médiocrité installé en Géorgie. Le propriétaire Rankin Smith veut néanmoins créer l’électrochoc et sortir de la culture de la défaite : il remercie le General Manager et Head Coach Pat Peppler, engage Leeman Bennett, jeune Coach inconnu qui entraînait les Wide Receivers des Rams. Ce dernier, issu de l’école Chuck Knox – Ball Control, course, jeu physique – amène dans ses bagages quelque chose qui n’avait jamais été envisagé à Atlanta auparavant : un plan.
Et il faut au moins cette arme secrète à Bennett lorsque l’on sait que l’équipe est capable de concéder 312 points en une année et de se fait humilier 59-0 face contre Rams lors d’un rare Monday Night accordé à la franchise. D’autant qu’à la veille de la saison 1977, le Linebacker All Pro Tommy Nobis a pris sa retraite, le QB Steve Barktowski a subi une opération du genou (qui l’éloignera des terrains pendants six rencontres), le DE Claude Humphrey demande à être tradé, et 8 des 14 rencontres du calendrier sont face à des équipes susceptibles de faire les Playoffs…
Bennett s’attèle à mettre dans la tête de ses joueurs l’idée que la victoire est possible à chaque rencontre. Il sait très bien qu’il ne bénéficie pas des meilleurs joueurs de la NFL, mais avec ses Coaches défensifs, il va instaurer un système et un schéma qui compenseront le manque de talent : le Blitz. Mais lorsqu’on parle ici de Blitz, on parle de Blitz à outrance, de partout, à chaque action, qui n’impliquerait pas seulement un ou deux joueurs, loin de là. Les Falcons blitzeront jusqu’à en écœurer leurs adversaires. L’un des jeux les plus représentatifs de cette mentalité est « The Sticky Sam » dans lequel 9 joueurs (rien que ça !) foncent sur le QB après le snap. Les joueurs vivront ou mourront avec le Blitz !
Étrange coïncidence, les Falcons ouvrent le championnat à domicile face aux Rams, l’ancienne équipe de Bennett, celle qui les avait écrasés 59-0 la saison précédente. Ce qui devait être les débuts triomphants de Joe Namath dans sa nouvelle équipe est en réalité un calvaire puisque les Rams, meilleure équipe NFC quant aux yards gagnés en course la saison passée, ne totalise que 59 yards avec 3 fumbles à la clé. A l’arrivée, les Falcons remportent une belle victoire 17-6.
Mais la Grits Blitz Defense ne met pas uniquement la pression sur le QB. Elle rend également nerveuse les lignes offensives adverses qui provoquent à la pelle tantôt des False Starts, tantôt des pénalités de Holding. Demandez-donc ce qu’en pense le Centre des New York Giants, Ralph Hill, qui en Week 3 s’est cru en heure de pointe à Manhattan, provoquant 4 Holdings ? Ce jour là, les deux QB’s des G-men Joe Pisarcik et Jerry Golsteyn se feront sacker 9 fois et N.Y perdra la rencontre 17-3. Mais alors pourquoi l’équipe Atlanta termine-t-elle cette saison avec une fiche de 7-7 et ne se qualifie pas pour les Playoffs malgré cette incroyable défense ? La réponse est simple : leur attaque anémique…
En effet, si la défense enregistre une moyenne de 9,2 points par rencontre, l’attaque, elle, compile des statistiques médiocres avec entre autres un petit 12,9 points par match. C’est simple : à chaque fois que la défense arrive sur un terrain, elle sait qu’elle doit se battre jusqu’à la dernière seconde pour conserver le score ou provoquer des Big Plays. Par deux fois dans la saison, la Grits Blitz defense laissera moins de 100 yards à l’attaque adverse. Aussi incroyable que cela puisse paraître, elle perdra un des matchs pourtant dominé défensivement – 97 yards concédé aux 49ers, défaite 10-3 – mais gagnera l’autre, seulement 78 yards concédés face aux Bucs et une victoire 17-0 à la clé.
Elle connaîtra d’autres déboires, une défaite 3-0 face aux Bills en Week 2, et loupera au final la seule place de Wild Card (2ème de la NFC West) validée à l’époque. Atlanta terminera néanmoins en beauté avec une victoire 35-7 face aux Saints d’Archie Manning (une revanche après une défaite 21-20 plus tôt dans la saison), ce qui scellera à jamais le record de 129 points encaissés sur 14 rencontres… Et tout ça avec le même Line Up que l’année précédente. Le plus incroyable finalement, au-delà de ces chiffres, c’est que personne ne se rappelle de cette défense qui secoua le monde de la NFL bien avant les Bears par exemple. Autre point à souligner, toutes les équipes qui sont entrées dans l’histoire grâce à leur défense avaient un playmaker en attaque. Mais pas les Falcons…
Pourquoi est-elle tombée dans l’anonymat, pourquoi n’est-elle pas citée aujourd’hui parmi les meilleures défenses ? Probablement parce qu’Atlanta n’est pas Chicago, New York ou San Francisco, parce qu’Atlanta n’avait pas d’attaque cette année là et qu’elle n’est pas parvenue à se qualifier en Playoffs.
Ils s’appellent Claude Humphrey, Mike Tilleman, Greg Brezina, Dewey McClain, Ray Brown et Rolland Lawrence, et ils ont écrit l’histoire de la NFL à l’encre invisible. NFLBook leur rend un hommage mérité en remettant ces travailleurs de l’ombre sous les feux des projecteurs !









On peut dire ce qu’on veut, la Defense c’est la vie ^^
Quand je vois une vidéo pareille, j’ai bien du mal à garder des sous-vêtements secs …
Même en étant rookie, je connaissais toutes ces défenses “historiques”. Mais je ne savais pas que les Falcons existaient dans les années 70 !
Les gars étaient au minimum 2 sur le QB à chaque sack – quand il y avait un problème, sinon c’était 4 !
Super histoire Gmen, merci de faire sortir cette big D de l’anonymat !
Mouah ah ah j’écrit en mattant la vidéo … 9 mecs qui blitz, qu’est-ce que c’est bon !
Il faut en parler de cette défense, je n’y manquerai pas dès que ça parlera de yards accordés ou de points encaissés. Rendons-leur ce qui leur appartient !
^^ je relis mon post et je vois que poster après une dégustation de whisky n’est pas une bonne idée !
L’essentiel est là cependant
Super article, je connaissais absolument pas l’histoire de cette défense.
Tellement barbare, aucune technique, aucune morale, et pourtant tellement bon
A remettre au gout du jour! pas sur que ça passerai encore, mais au moins le spectacle serait au rendez-vous =)))
Super article, je connaissais pas du tout, bravo Gmen
Il leur manquait une “gueule”, un joueur un peu au dessus du lot qui aurait servi de facade a cette equipe.
Rares sont les joueurs a émerger dans une équipe qui ne gagne pas, encore moins en jouant très collectivement…
Beau boulot, Gmen
C’est sur que cette défense des Falcons n’est pas dans tout les esprit, et c’est dommage.
C’est dommage que seul la victoire entre dans l’histoire, si ils avaient gagné le SB, ont aurait sûrement beaucoup parlé de cette big D.
C’est pour moi personnelleemnt comme l’a dit Dom dans son intro
la nouvelle de l’année. Sérieusement, les Falcons, meilleure défense à avoir encaissé le plus petit nombre de points? J’ai toujours du mal à le croire!
En écrivant l’article, je rêvais de voir des matchs de cette équipe de furax. Quelle folie ça devait être!
C’est vrai, une défense de la sorte ne pourrait plus exister de nos jours. Mais j’adore leur philosophie “on vous défie de nous battre avec nos blitz à tout va”. Et tout ça avec le même roster que l’année précédente.
Chapeaux messieurs !
C’est clair que j’aimerais bien voir un match de cette équipe ! A chaque jeu défensif, on doit s’attendre à voir un sack ou un Big Play de la part de cette équipe de fondus…
Très bon article! Merci Gmen !
vraiment dommage que cet D ne soit pas rentrer dans les annales du foot ! Après c est sur qu avec une attaque qui suit pas un minimum… On a besoin de tous dans le foot!
Go D!
Merci!
J’adore les Falcons (c’est sentimental plus que sportif…) et c’est vrai que c’est pas toujours facile d’être supporter: les grandes histoires glorieuses sont plutôt rares à Atlanta, donc cet article en était encore meilleur à lire!
Merci encore…