Il y a des jours où, pour une raison X, un match qui semblait terminé paraît tout à coup ne pas avoir encore livré sa vérité. Des jours où, pour d’obscures raisons, tout semble de nouveau possible après une action d’éclat totalement inattendue, ou un fait de match anodin. C’est à l’un de ces matchs que les supporters des Jets ont assisté ce 23 octobre 2000 dans leur antre du Meadowlands.
En effet, ce jour voit se dérouler un Monday Night Football prometteur, puisqu’il s’agit d’un Rivlary Game entre deux équipes qui affichent le même bilan, à savoir 5-1. D’un côté, les Jets de New York, qui rentrent sur le terrain avec l’intention de se montrer conquérants, de l’autre les Dolphins de Miami, qui sortent eux d’une Bye Week et affirment se déplacer pour gagner. Et il semble bien qu’ils n’aient pas menti, puisque les Floridiens commencent la rencontre tambour battant. Après un quart-temps, les Dauphins ont déjà marqué un Field Goal, un TD à la passe et un autre à la course, ce qui les place très largement en tête sur le score de 17-0. Jay Fiedler, le QB de Miami, qui vient tout juste de succéder au grand Dan Marino, semble avoir à cœur de livrer de grosses performances et tient la baraque comme un vétéran.
Chez les Jets, ce n’est vraiment pas la même limonade… La ville de New York a beau être surnommée “The City That Never Sleeps”, les verts semblent pour le moins endormis, pour ne pas dire amorphes. Empotés, pas inspirés, mous, il y a des lacunes rédhibitoires pour gagner un match de Football dans tous les compartiments du jeu. Pendant le deuxième et le troisième quart, la situation ne s’arrange pas : le Running Back Curtis Martin est aux abonnés absents, la défense, totalement débordée, a autorisé une centaine de yards et 2 TD’s au Running Back Lamar Smith (155 yards sur le match), et l’attaque des Dolphins a déjà engrangé 299 yards à la mi-temps. Une catastrophe telle que les New Yorkais se voient maintenant menés 30-7 au début du dernier quarter. L’affaire semble entendue, si bien que Fiedler se tourne vers le Defensive End Jason Taylor et lui glisse à l’oreille : “C’est bon, on a gagné“.
Le public semble d’ailleurs être du même avis et ne prête plus qu’une vague attention au match, beaucoup plus préoccupé par une querelle de clocher… En effet, les World Series de Baseball battent leur plein – nous sommes entre le deuxième et le troisième match – et les Series opposent les deux Franchises de N.Y, les Yankees et les Mets. Une partie du public se met donc à scander “Let’s go Yankees”, tandis que l’autre lui répond bien entendu par “Let’s Go Mets”. Cela fait tout de même désordre pour une équipe qui joue à domicile… Les commentateurs d’ABC, Al Michaels et Dan Fouts en tête, voient déjà le match “plié”, et Howard David, le commentateur radio des Jets, dit lui avant la reprise du match : “And with a whole quarter to go, this game is over“. Seul son de cloche divergent, l’acteur Arnold Schwarzenegger annonce lui toujours que les Jets ont une chance, puisqu’il prévoit une grosse fin de rencontre de la part des New Yorkais, et un jeu aérien performant, surtout de la part du Wide Receiver Wayne Chrebet… Un pronostic fantaisiste qui met un peu d’animation dans la retransmission, mais qui, avec un peu de recul, ferait presque croire que l’acteur à garder de certains rôles des dons de voyance…
En effet, Vinny Testaverde, qui a été totalement inexistant dans les trois premiers quarts (un seul first down au bout de 23 minutes et 3 interceptions en première mi-temps), rentre sur le terrain avec une sorte de nouvel élan qui lui vient d’on ne sait trop où et retrouve son jeu… “The Monday Night Miracle” est en marche. Après un drive de toute beauté, il se connecte avec le Rookie Laveranues Coles pour un TD de 30 yards. Un jeu miraculeux qui aurait du être une interception puisque le CB des Dolphins Sam Madison avait quasiment le ballon dans les mains. 4 minutes plus tard, et après un 3 & Out adverse, et un regain défensif bienvenu, il score un autre TD sur une passe de 1 yard en 4th and one ! Dantesque ! Puis un Field Goal de John Hall vient, s’il en était encore besoin, relancer un match qui a complètement changé de physionomie. Car, parallèlement, la D des Dolphins du DE Jason Taylor et du LB Zach Thomas s’effondre complètement et ne semble plus savoir que faire.
La foule, alors que certains spectateurs quittaient les tribunes quelques minutes auparavant, retrouve de la voix et se met à porter littéralement son équipe. Ceux qui partaient, dégoûtés, reviennent même sur leurs pas en entendant la clameur montante et la revolte menée par “Fireman Ed”. Laveranues Coles avouera avoir entendu en un seul match, les plus grands hurlements de mécontentement, mais aussi les plus grands soutiens qu’il n’ait jamais entendus. Le score est maintenant de 30-23 après une 2 points conversion échouée suite au TD de Coles… Testaverde, transfiguré, continue de mener ses troupes d’une manière quasi militaire et réussit tout ce qu’il entreprend, en appelant ses propres jeux, des passes courtes et rapides, en No-Huddle Offense. Un autre beau drive, bien construit, le voit réussir un troisième TD de 24 yards à destination du receveur Wayne Chrebet. Les deux équipes sont maintenant à égalité 30-30 après 3 TD’s pour des joueurs qui n’avaient jusqu’alors pas marqué le moindre Touchdown cette saison !
Après avoir encaissé 23 points d’affilée, Fiedler et les Dolphins stoppent l’hémorragie. Le QB réussit un TD de 46 yards pour Leslie Sheppard et redonne l’avantage à Miami. Pourtant, il semble bien que les mouches aient définitivement changé d’âne, car l’espoir et le momentum sont maintenant chez les Jets. Testaverde, de retour sur le Turf, parvient à mener son équipe jusqu’à la ligne des 3 yards en Hurry-Up Offense. A ce moment là, et après un Huddle rapide, les Jets décident de tenter une “Tackle Eligible Play” travaillée à l’entraînement. Jason Taylor s’en aperçoit et dit au dernier moment à ses coéquipiers “76 is eligible !“. Mais il est trop tard. Testaverde prend le snap et envoie le cuir à destination du Left Tackle Jumbo Elliott. Ce dernier, après une jonglerie incroyable avec le ballon, réussit à en avoir réellement la possession et égalise. Le Trick Play a été parfaitement exécuté par le QB et le Big Man. Un catch qui donne d’ailleurs lieu à l’une des images les plus belles de ce match, à savoir un Jumbo Elliott les yeux grands ouverts, aussi éberlué que la foule après une telle action. Il reste alors 42 secondes de jeu…
Le match va donc tout droit en Overtime. Miami gagne le toss, et se met de suite en excellente Field Position après un bon Kickoff Return de Brock Marion… L’affaire semble une fois de plus mal engagée… Pourtant, après seulement quelques jeux, le Cornerback Marcus Coleman réussit une interception décisive… qui ne le sera pas ! En effet, Coleman, fébrile, est plaqué par Thurman Thomas qui réalise un Stripe. Coleman commet donc un incroyable Fumble et redonne le cuir à Miami ! Cette fois, il semble peu probable que les Jets puissent se relever d’un tel coup derrière la tête. A moins que… Marcus Coleman ne récidive sur le drive suivant ! Le Cornerback, une fois de plus très inspiré (3 interceptions sur le match), réussit un deuxième Pick assassin sur Jay Fiedler, mais assure cette fois-ci solidement le ballon, et redonne la possession aux siens. Testaverde a maintenant toutes les cartes en main. Après une passe de 28 yards du QB pour le chouchou de “Schwarzy” Wayne Chrebet, le Kicker John Hall est enfin à distance respectable pour tenter sa chance. Testaverde tente une autre passe quasi interceptée cette fois, et se rend à l’évidence. Mieux vaut tenter le coup de pied. Un FG de 40 yards parfaitement maîtrisé… And The Kick is Good !
Incroyable dénouement ! Les Jets ont réussi un exploit historique au terme du plus long match de l’histoire (plus de 4 heures, le match prend fin à 1 heure 20 du matin !), et le plus incroyable retour de tous les temps (avec “The Comeback”), mais aussi le plus beau MNF depuis sa création ! Testaverde termine le match avec des stats à l’image de la rencontre, assez folles : 36 sur 59 pour 378 yards, 5 TD’s et 3 INT’s, en ayant réussi 20 first downs dans le seul quatrième quart (contre 1 seul pour les Dolphins…) et 4 TD’s durant ce même quarter (seuls Stabler et Montana ont réussi pareille prouesse). Zach Thomas, beau joueur et conscient du manque d’agressivité défensive des siens en fin de match, dira en plaisantant : “C’est de la faute de Fiedler, il n’aurait pas du dire trop vite que c’était gagné“. Les Jets, qui étaient déjà parvenus à réaliser un tel exploit contre New England (en remontant un 16-7 pour l’emporter 20-19), diront avoir réussi là quelque chose de bien plus énorme. Le receveur Wayne Chrebet (6 catches, 104 yards et 2 TD’s) dira lui : “Nous avons pris sur nous-mêmes et fait les jeux que nous devions faire. Nous avons fait le point à la mi-temps et nous avons décidé de balancer…“.
Une défaite terrible pour les Fins’, et un Jason Taylor terrassé, mais un exploit que les fans des Jets appellent eux “The Miracle at the Meadowlands”, en référence à l’autre miracle qui s’est passé ici-même… Un journal New Yorkais choisira de titrer “Monday Night Miracle Men!” (un nom qui restera), tandis que le “Palm Beach Post” nommera lui ce match le “Monday Meltdown” (l’effondrement du lundi). Dommage pour Jay Fiedler, qui, très fier de jouer au Meadowlands, avait réservé 80 places pour que sa famille puisse profiter du spectacle. Le moins que l’on puisse dire est qu’ils n’auront pas été déçus ! L’histoire se terminera tout de même bien pour les Dolphins, qui joueront les Playoffs après avoir rendu une fiche de 11-5, les Jets passant à côté de la Post-Season avec leur 9-7. Mais le dernier mot revient tout de même à Laveranues Coles, en état de quasi démence sur la Sideline, qui dira avoir eu ce jour là ses émois les plus intenses sur un terrain de NFL. On le croit sur parole !
Je vous laisse maintenant le plaisir de revivre ce match mythique grâce à ces deux longues et excellentes vidéos…








waaaaaw ! sa c’est d’la remonté !
*Jason Tackle s’en aperçoit et dit au dernier moment à ses coéquipiers « 76 is eligible !«* je pense que tu voulais parler de Jason Taylor
c’est vraiment pour des matchs comme ça que je regarde la NFL. C’est absolument génial!
C’est clair que des matchs comme ceux-là, quand on a la chance de les vivre en direct, on s’en souvient pendant un moment ! Ce sont des sensations incroyables !
C’est pour ça que le sport est génial, c’est des sensations incroyables.
On imagine bien ce qu’on du vivre les supporters des Jets devant leur télé ce lundi soir.
Et même, avec un match comme ça, tout le monde a du passé une bonne soirée (sauf les dolphins et leur supporters)
Et la tête de Elliott quand il fait cette réception improbable est géniale, c’est du bonheur
En bref, vive le sport !